Santé

Arrêtez le tabac, avec l’aide de professionnels

Ecrit par Maya Dujardin

Vous savez, ce poison que l’on trouve à tous les coins de rue. Cette drogue dure — n’ayons pas peur des mots — qui tue chaque année en France 78 000 personnes (selon une étude parue dans The European Journal of Public Health). Soit 213 morts causées chaque jour par la consommation de tabac.

La cigarette tue 20 fois plus que les accidents de la route.

Puce Et vous, quel est votre taux de monoxyde de carbone expiré ?
Rentrons un peu dans le vif du sujet. Et parlons monoxyde de carbone. Ce gaz inodore et incolore, présent chez les fumeurs, prend la place de l’oxygène dans le sang.

L’indicateur pour mesurer le degré d’intoxication est le taux de monoxyde de carbone expiré, évalué avec un CO testeur.

  • Une personne qui fume 1 paquet de cigarettes par jour a un taux qui se situe autour de 20 PPM (particules par millions). Ce taux peut atteindre 25/30 PPM, voire 35 si le fumeur tire beaucoup sur ses cigarettes ou encore s’il consomme des roulées.
  • Une alerte à pollution est déclenchée lorsque le seuil de 8,5 PPM est dépassé.
  • Les systèmes d’évacuation des parkings souterrains sont activés à partir de 35 PPM.

Je trouve ces chiffres très parlants. Pas vous ?

Très succinctement, les risques du tabagisme actif pour votre santé sont :
les cancers (poumons, gorge, bouche, lèvres, pancréas, reins, vessie…) ;

les maladies cardio-vasculaires (infarctus du myocarde, AVC, anévrismes…) ;

les bronchites chroniques pouvant évoluer vers l’insuffisance respiratoire, les emphysèmes…
Puce Il n’est jamais trop tard pour arrêter
Et vous, quel est votre rapport à la cigarette ? Faites-vous partie des 32% de Français qui fument (source : une étude d’Eurobaromètre) ? Si oui, quelque chose me dit que l’idée d’arrêter vous a traversé l’esprit plus d’une fois.

Surtout, ne pensez pas qu’après 20, 30, 40 années de consommation de tabac, il ne sert plus à rien d’arrêter. Quels que soient votre histoire et le nombre de cigarettes que vous fumez chaque jour, vous serez toujours gagnant. Quasiment immédiatement !

Le site Tabac info service, conçu par l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES), avec des experts en tabacologie, a établi une liste des bénéfices provoqués par l’arrêt de la cigarette.

Lisez un peu ça :

« – 20 minutes après la dernière cigarette : la pression sanguine et les pulsations du coeur redeviennent normales.

8 heures après la dernière cigarette : la quantité de monoxyde de carbone dans le sang diminue de moitié. L’oxygénation des cellules redevient normale.

24 heures après la dernière cigarette : le risque d’infarctus du myocarde diminue déjà. Les poumons commencent à éliminer le mucus et les résidus de fumée. Le corps ne contient plus de nicotine.

48 heures après la dernière cigarette : le goût et l’odorat s’améliorent. Les terminaisons nerveuses gustatives commencent à repousser.

72 heures après la dernière cigarette : respirer devient plus facile. Les bronches commencent à se relâcher et on se sent plus énergique.

2 semaines à 3 mois après la dernière cigarette : la toux et la fatigue diminuent. On récupère du souffle. On marche plus facilement.

1 à 9 mois après la dernière cigarette : les cils bronchiques repoussent. On est de moins en moins essoufflé.

1 an après la dernière cigarette : le risque d’infarctus du myocarde diminue de moitié. Le risque d’accident vasculaire cérébral rejoint celui d’un non-fumeur.

5 ans après la dernière cigarette : le risque de cancer du poumon diminue presque de moitié.

10 à 15 ans après la dernière cigarette : l’espérance de vie redevient identique à celle des personnes n’ayant jamais fumé. »

Puce Sachez bien vous entourer
En France, il existe des associations qui peuvent accompagner votre démarche.

Demandez à votre médecin généraliste s’il peut vous communiquer des contacts pertinents, en fonction de l’endroit où vous vivez. Dans la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie, par exemple, il y a Eclat-Graa (Espace de Concertation et de Liaison Addictions Tabagisme — Groupement Régional d’Alcoologie et d’Addictologie). En Bourgogne, Tab’agir.

Comment ça se passe ? Je vous explique un peu.

Prenons Tab’agir. Cette association propose une prise en charge pluridisciplinaire :

  • un encadrement médical, par un médecin ou une sage-femme, formés par l’association. « Nous préconisons 5 consultations, indique Françoise Amelot, directrice de Tab’agir. Plus un patient sera suivi dans le temps, plus il aura de chance de sortir définitivement de la dépendance au tabac, qui rappelons-le, est une drogue dure. »
    o Ah, je vous l’avais dit !o Chaque séance coûte 23 euros (tarif de base remboursé par la Sécurité sociale). Tab’agir verse un complément aux médecins car les entretiens sont longs.
  • 4 séances gratuites avec un diététicien, pour éventuellement suivre l’évolution et encadrer les compensations alimentaires qui peuvent survenir après l’arrêt de la cigarette. C’est l’agence régionale de santé (ARS) qui finance ces prestations.
  • 4 séances gratuites avec un psychologue. Là encore, c’est l’ARS qui gère le côté financier. Le thérapeute accompagne la dépendance comportementale, plus longue à soigner que celle à la nicotine. La méthode employée est la thérapie comportementale et cognitive ou TCC.

Avant d’envisager ce suivi pluridisciplinaire, vous pouvez commencer par appeler, pour poser des questions. Si vous êtes déjà demandeur et motivé, vous n’aurez peut-être même pas à aller plus loin ! « L’entretien motivationnel que nous réalisons par téléphone est, pour certains, une étape décisive, explique Françoise Amelot. Durant les 6 premiers mois de 2015, le taux d’arrêt a été de 11% suite à cet échange téléphonique approfondi. »

Pas mal du tout !

Sans espérer une guérison si « facile », disons que cet appel peut être une bonne première étape avant de vous lancer et d’entrer dans une nouvelle ère. Celle où vous serez acteur de votre propre vie et libéré de cette drogue qui vous mène par le bout du nez, attaque votre santé et dilapide une partie de vos économies.

Les résultats de Tab’agir sont d’ailleurs tout à fait encourageants. En 2014, le taux d’arrêt à 6 mois a été de 51% et 43% à 1 an.

Puce Nos conseils pour arrêter de fumer !

  • Soyez patient. « Quand on est malade du tabac, il faut se soigner et se donner du temps, confirme Françoise Amelot. Il y a des étapes difficiles, au bout de 1 et 3 mois notamment. Au-delà, on estime que c’est bien parti. Le processus est différent d’un fumeur à l’autre mais il est vrai que plus on se fait suivre dans le temps, mieux c’est. »
  • Envisagez l’arrêt de la cigarette comme le début d’une nouvelle vie. Ne plus fumer, c’est aussi saisir l’opportunité de changer d’autres choses dans votre quotidien, d’adopter une meilleure hygiène de vie. Marchez davantage, mangez plus équilibré (n’oubliez pas les fibres), reprenez une activité manuelle ou intellectuelle qui vous plaît et vous valorise.
  • Si vous êtes en couple et que votre compagne ou compagnon souhaite aussi arrêter de fumer, faites le chemin ensemble, chacun à votre rythme. Au bout de quelques semaines, faites le calcul des économies réalisées et partez en week-end, voire en vacances !
  • Echangez avec des anciens fumeurs pour vous motiver, recevoir des conseils et avoir une preuve vivante que votre choix est le bon.
  • Une fois que vous avez arrêté, imposez-vous une tolérance zéro. Car reprendre « juste » une cigarette suffit à réactiver tout le système de récompense au niveau cérébral. Et d’autres cigarettes suivront…

Quand vous vous sentirez prêt à relever ce nouveau défi (il est important que vous soyez demandeur et motivé), foncez et entourez-vous des bonnes personnes. Accueillez alors avec sagesse et patience le premier jour du reste de votre vie.

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Maya Dujardin

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