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Bitcoin : libre discussion sur la monnaie qui fâche

bitcoin
Ecrit par Simone Wapler

F.M. : Bonjour Madame Wapler,

Depuis quelque temps déjà, j’ai noté dans certains de vos articles qui en traitent, que vous faisiez la promotion du bitcoin. J’aimerais vous faire un commentaire à ce sujet !

Il est certain que les États manipulent et contrôlent les monnaies, et que le citoyen n’a encore que très peu de moyens d’actions pour qu’il y ait dans ce domaine, comme dans bien d’autres, une certaine éthique.

Simone Wapler : Le citoyen a bien plus de moyens d’action qu’il ne l’imagine, avec l’or, l’argent, les nouvelles cryptomonnaies. Si les citoyens décident de retirer leur argent de la banque, le système financier actuel s’écroule. Il ne peut pas résister à la fuite des dépôts.

F.M. : Par ailleurs, il y a peu de temps encore, ces mêmes États contrôlaient outrageusement la communication. Ce n’est plus totalement le cas et c’est un peu plus difficile aujourd’hui, grâce à Internet.

Vous semblez estimer que cette monnaie virtuelle, le bitcoin, permettrait aux citoyens de se libérer du contrôle de l’État !

Simone Wapler : Ce peut-être un des moyens, ce n’est évidemment pas le seul.

F.M. : Pourtant il n’est pas inutile de se poser la question suivante : qui va profiter le plus de cette nouvelle monnaie ?

Je vais ici faire un parallèle avec Internet. La généralisation de l’outil Internet dans le monde entier a permis à tout citoyen de disposer d’un moyen de communication sans égal et d’accélérer les échanges d’informations. Pourtant dans le même temps, il est aussi utilisé par tous les propagandistes du monde entier pour manipuler les foules, propager de fausses nouvelles (fake news), ou utilisé par les groupes terroristes qui peuplent la planète pour dispenser la peur. Et tout le monde se pose la question, que faire face à ces menaces ?

Simone Wapler : Les terroristes, les criminels, les escrocs prennent des médicaments, utilisent les routes, les réseaux de télécommunications et la monnaie à cours légal. S’il fallait interdire toute innovation au motif que des méchants pourraient s’en servir, la civilisation serait morte avant le Paléolithique et la pierre taillée.

F.M. : Pour ma part, le bitcoin représente en un sens les mêmes dangers.

Etendu, il devrait permettre de s’émanciper de la tutelle étatique et des groupes financiers influents manipulateurs. Mais dans le même temps, comment ne voyez-vous pas que ce type de monnaie va surtout être totalement monopolisée par l’ensemble des mafias diverses et des terroristes, pour s’affranchir des contrôles qui pèsent sur eux. Le résultat sera encore pire que l’évasion fiscale et le blanchiment d’argent organisé actuel, dont la mafia se fait le chantre !

Je n’en veux pour preuve qu’un seul exemple : lors de la fameuse cyber-attaque subie récemment par des centaines d’entreprises ou d’institutions aux quatre coins du monde. Qu’ont fait les pirates ? Ils ont exigé des rançons payables en bitcoin justement, ceci leur assurant une totale immunité.

Alors n’y a-t-il pas d’autres alternatives de choix entre « Big Brother » et « libéralité » irresponsable ? Sous couvert de liberté justement, il est quand même extrêmement nécessaire avant de se poser la question : n’est-ce pas vouloir changer un cheval borgne pour un aveugle et sans conscience, le remède n’est-il pas pire que le mal ? Je pense qu’il serait utile pour vos lecteurs que vous fassiez un papier sur les bénéfices et les risques pour notre société, que je viens d’évoquer ici, avant de faire l’éloge et la promotion de cette monnaie !

Simone Wapler : Je ne sais pas ce que c’est que la « libéralité » irresponsable. En revanche, le libéralisme est une éthique de vie qui s’appuie sur la trinité suivante : liberté, propriété, responsabilité.

  • On ne peut être libre qu’à condition d’être responsable.
  • On ne peut être libre que si la propriété de chacun est respectée. L’esclave est celui qui n’a pas droit à la propriété, pas même celle de son corps.
  • La propriété implique la responsabilité. On est responsable de ce que l’on possède et de l’usage qu’on en fait.

Pour en revenir à la monnaie, il est anti-libéral que la monnaie d’État jouisse d’un monopole. Les gens devraient pouvoir être libres de choisir les monnaies qui leur conviennent le mieux et non celle que leur État leur impose de force.

Une caractéristique importante de la monnaie est le stockage de la valeur. Ceci permet à chacun de stocker les fruits de son travail et de décider quand il veut en profiter. C’est une liberté essentielle et fondamentale.

L’usage libre et non forcé permet de consacrer la meilleure monnaie, celle qui conserve le mieux la valeur. Au fil des millénaires, l’or et l’argent se sont imposés comme monnaies marchandises et réservoirs de valeur.

L’immense majorité des monnaies fiduciaires qui ne reposent que sur la confiance ont fait faillite.

Aristote pensait que la monnaie devait être marchandise, Platon que ce n’était qu’une simple convention sociale. L’Histoire donne raison à Aristote.

Toutefois, les cryptomonnaies constituent une innovation intéressante dans le domaine des monnaies platoniciennes.

Il nous paraît intéressant de les expliquer. L’usage qu’en fera chacun décidera de leur intérêt…

[Le Bitcoin est-il le nouvel or ? Comment profiter de cet « or numérique » ? Réponses ici…]

A propos de l'auteur

Simone Wapler

Rédactrice en Chef de L’Investisseur Or et Matières et de La Stratégie de Simone Wapler
Ingénieur de formation, Simone Wapler a quitté depuis plus de 13 ans le secteur de l’ingénierie aéronautique pour se concentrer sur les marchés boursiers. En 2001, elle entre aux Publications Agora — groupe de presse et d’édition spécialisé dans la recherche et les conseils financiers – dont elle prend la direction éditoriale en 2011. Son expertise sert aujourd’hui, non pas la cause des multinationales ou des banquiers, mais celle des particuliers.
La force de Simone Wapler, c’est son indépendance. Attention, elle n’est pas pour autant isolée, elle reste connectée en permanence à un réseau de spécialistes iconoclastes unique au monde : Agora Inc. Mais Simone ne se contente pas comme beaucoup de collecter les informations officielles et de les relayer… Non, elle va au charbon — et utilise sa puissance d’analyse pour décrypter elle-même l’actualité, chiffres à l’appui, afin d’apporter une véritable plus-value d’information à ses lecteurs, sous une forme simple et sans jargon.
C’est simple, elle a été parmi les premiers à s’intéresser à l’or et à prédire sa hausse continue. Elle a mis en garde le grand public — bien avant la presse généraliste — de l’explosion de la bulle internet en 2000… des dérèglements financiers mondiaux de l’après 11 septembre 2001… de la bulle des junk bonds de 2001… de la bulle immobilière américaine en 2007… de la crise des dettes souveraines dès fin 2009…
Plus récemment encore, elle a averti ses lecteurs du risque pesant sur les obligations grecques, espagnoles ou portugaises – ou sur de nombreux placements autrefois sûrs, et désormais à fuir. Elle n’a pas attendu pour cela la dégradation des notes souveraines de ces Etats ou encore celle, en juin 2012, de grandes banques comme la Société Générale ou BNP Paribas.
Simone Wapler travaille tous les jours pour vous permettre d’avoir un temps d’avance sur les autres et vous aider à protéger votre capital contre les dangers qui le menacent.
Elle est également rédactrice en chef de L’Investisseur Or et Matières et de La Stratégie de Simone Wapler.

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