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Bitcoin : le point sur la monnaie virtuelle universelle qui pèse lourd

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Ecrit par Sylvain Biget

En mai et en juin, les grandes campagnes d’attaques qui ont déstabilisé les ténors de l’industrie en France et dans le monde reposaient sur le chiffrement des données des ordinateurs contaminés. Pour libérer ces données, un message donnait des instructions afin de réaliser le règlement d’une rançon via des Bitcoins. Mais quelle est donc cette monnaie numérique qui circule sous les manteaux d’Internet depuis son lancement et qui possède même un cours officiel ?

Le Bitcoin porte l’abréviation BTC ou XBT. Il s’agit de ce que l’on appelle une cryptomonnaie. « Crypto », car elle est chiffrée, autrement dit, codée pour la sécuriser. Le codage en question répond au plus haut standard de chiffrement : le SHA-256. De fait, avec ce système, la monnaie est infalsifiable, contrairement à toutes les autres. Il n’existe donc pas de faussaire de Bitcoins.

On trouve parfois sur certains sites marchands cette unité monétaire. Elle est également employée par de nombreux prestataires de services œuvrant essentiellement sur les technologies Internet.

A qui appartient le Bitcoin et qui le gère ?

Cette monnaie numérique n’appartient à personne, mais a été créée en 2009 par un individu dont on ne sait pratiquement rien sinon son nom : Satoshi Nakamoto… et encore… Il pourrait bien s’agir d’un pseudonyme. Elle échappe également à tout contrôle des États ou des personnes. Mais attention, il ne s’agit pas pour autant de la jungle.

Car, au-delà de la monnaie, il y a aussi le système d’échange Bitcoin via Internet. Sa conception est publique, personne ne peut le posséder ni le contrôler et tout un chacun peut le rejoindre. Pour sécuriser la monnaie, en plus du chiffrement, un procédé astucieux fait transiter les échanges financiers via l’ensemble des ordinateurs des utilisateurs organisés en nœuds sur le réseau. C’est ce que l’on appelle la « Blockchain« . Si, par exemple, il manque un élément du nœud, la transaction ne peut pas être établie. De plus, chaque échange est archivé numériquement et automatiquement dans l’équivalent d’un vaste livre de comptes. On peut donc consulter l’historique des échanges depuis la création du premier Bitcoin en 2009.

Qui utilise les Bitcoins ?

Généralement, dès que l’on parle de Bitcoin, le terme est associé à la cybercriminalité, comme le rappellent les dernières attaques via ransomwares. Même si c’est moins vrai aujourd’hui, la monnaie est considérée comme le graal des réseaux criminels, des jeux d’argents, de la drogue et du blanchiment d’argent. En réalité, même si cette partie est la partie la plus visible et marquante, elle présente une part très minoritaire de l’utilisation des Bitcoins. Dans l’avenir, elle devrait même s’amenuiser, car si les transactions sont discrètes et sécurisées, elles ne sont pas aussi anonymes qu’aux débuts. C’est pourquoi cette part d’utilisateurs migre vers d’autres monnaies virtuelles que le Bitcoin.

En outre, malgré son attrait récent, la monnaie est finalement très peu exploitée. On estime que ses échanges culminent à environ 150 millions de dollars par jour et que sa croissance reste faible. Il faut dire que cette monnaie reste entravée par les banques en raison de la concurrence potentielle qu’elle peut engendrer. De même, mis à part les plus « geeks » des individus, le grand public a peu confiance en cette monnaie et ne saurait pas vraiment comment l’utiliser le cas échéant. Il faut dire que le concept est très abstrait et son fonctionnement complexe. Pourtant, le règlement d’une transaction par Bitcoin est à la portée de tous. C’est enfantin !

Enfin, il faut souligner qu’il existe de nombreuses autres monnaies numériques beaucoup moins utilisées, mais qui viennent ponctionner une partie du potentiel du Bitcoin. On en compte 14 en tout. Elles sont plus ou moins employées et disposent chacune de particularités techniques.

Une monnaie virtuelle qui vaut son pesant d’or

Ceci dit, l’évolution du cours du Bitcoin a de quoi faire saliver abondamment les adeptes de spéculation. A l’heure où je rédige ces lignes, sachez qu’un Bitcoin vaut 1983,94 euros (2282,23 dollars). Mais ce cours peut fluctuer énormément en très peu de temps. Ainsi, la veille, cette monnaie valait 300 euros de moins. Ceci dit, il faut rappeler que lors de son lancement en 2009, 1 Bitcoin valait simplement 1 dollar… Imaginez dès lors la fortune qu’ont pu collecter les premiers utilisateurs de cette monnaie…

Il faut savoir que, contrairement à une monnaie physique, les monnaies virtuelles sont disponibles en quantité limitée. Dans le cas du Bitcoin, le plafond est fixé à 21 millions d’unités. Actuellement, la quantité de Bitcoins en circulation culmine aux alentours de 16 millions, pour un montant total équivalent à 42,45 milliards de dollars. Des unités de monnaie seront émises progressivement au compte-gouttes pour atteindre à terme ce maximum de 21 millions.
Ce plafond explique pourquoi la valeur des Bitcoins augmente avec sa rareté. Mais ce n’est pas la seule raison.

En effet, toutes ces monnaies virtuelles sont calquées sur un même principe : celui des chercheurs d’or.

Au départ, il y a beaucoup d’or et peu d’orpailleurs. En trouver demande peu de moyen et est assez facile. Autrement dit, la monnaie virtuelle est abondante. Ensuite, les chercheurs vont se multiplier et l’or va devenir plus difficile à dénicher.

Avec l’étape suivante, il va falloir investir de plus en plus de moyens humains et matériels pour récolter de l’or. Enfin, l’or étant une ressource rare, ses sources vont se tarir et les moyens d’en trouver coûter de plus en plus cher.

Une monnaie comme une autre dans quelques années ?

Aujourd’hui, le Bitcoin se trouve au niveau de la troisième étape de son équivalent en recherche d’or. Face à cet engouement, si les autorités n’ont pas de contrôle sur la monnaie, elles surveillent toutefois son utilisation et notamment la nature des biens et services qui sont achetés avec. Elles vérifient aussi sa conversion en devises. Dans l’avenir, l’anonymat total des transactions devrait être de moins en moins assuré, ce qui devrait faire fuir les derniers cybercriminels employant cette monnaie. Elle devrait, par ailleurs, se développer en raison de son adéquation parfaite avec les transactions via Internet (sécurisation, immédiateté, confidentialité…).

Avant que le Bitcoin devienne aussi rare qu’inabordable, il est donc encore temps de s’initier à ce système en investissant quelques dizaines d’euros. C’est ce que je vous propose de découvrir plus concrètement bientôt dans une seconde chronique sur le Bitcoin.

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Sylvain Biget

1 Commentaire

  • Il existe de centaines d’alternatives au Bitcoin, pas seulement 14 comme indiqué dans l’article ! https://coinmarketcap.com/all/views/all/ Par ailleurs, le Bitcoin a été conçu pour être le plus transparent et traçable possible, au détriment de la vie privée et anonymat, par contre une excellente alternative conçue dès le départ pour être la cryptomonnaie la plus privée et anonyme existe : Monero XMR. Attention, des concurrents à Monero existent (Dash, Zcash…) Mais ne sont en fait pas réellement anonymes à cause de mauvais choix techniques, ou parce qu’ils se basent sur des systèmes qui n’ont pas encore réellement fait leurs preuves. Avec le Bitcoin, on a l’équivalent de virements bancaires listés et disponibles à la consultation par la planète entière, avec Monero, on a l’équivalent des transactions en argent liquide dans une ruelle sombre sans jamais de caméras, où chaque utilisateur est masqué et totalement inidentifiable. Ce sont actuellement les deux concepts les plus extrêmes dans les cryptomonnaies, tout en restant d’une efficacité inviolable.

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