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Concrètement, le bitcoin…

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Ecrit par Simone Wapler

Le bitcoin a maintenant sa place dans The Wall Street Journal. La cryptomonnaie est devenue une « classe d’actifs » au même titre que les devises, les obligations et les actions. C’est même celle qui se porte le mieux, pour le moment. Le bitcoin vient pour la première fois de dépasser 6 000 $.

L’or, la relique barbare, s’est pris une bonne claque sur le museau la semaine dernière et est à la niche, sous la barre des 1 300 $ l’once. C’est à cause de Donald Trump. Il hésiterait entre deux « faucons » pour prendre la succession de Janet Yellen à la tête de la Fed. Dans le jargon financier, un « faucon » est un adepte d’une politique monétaire rigoureuse tandis qu’une « colombe » ne voit aucun inconvénient à toujours plus de crédit infini et gratuit. Si la politique monétaire rigoureuse l’emporte, l’or – qui est le « flic de la monnaie » – devient inutile en absence d’inflation.

Comme vous le savez, l’or et le bitcoin ont un point commun : ce sont des « actifs financiers », des monnaies qui ne sont pas contrôlés par les banques centrales et sont disponibles en quantité limitée.

Le bitcoin est en quantité limitée parce que son concepteur l’a voulu ainsi. L’or parce que c’est une chose concrète qui, pour le moment, n’est disponible que sur Terre.

Les banquiers centraux, malgré toutes leurs folies, ont toujours de l’or dans leurs coffres mais ils n’ont pas encore de bitcoin. Un bitcoin ne se met pas dans un coffre. Une cryptomonnaie est une unité de compte utilisée au sein d’un réseau informatique décentralisé.

« Maman, concrètement, je fais comment pour acheter des bitcoins d’ici ? »

Ici, c’est le Congo Brazzaville. Un pays en faillite sur lequel se penche actuellement le FMI.

Ce pays vit essentiellement de manne pétrolière et le gouvernement n’a pas réduit son train de vie lorsque le pétrole est passé de 100 $ le baril à 40 $ le baril. Les échéances de dettes publiques ne sont pas honorées. Les banques opèrent de façon chaotique depuis l’été, les comptes sont débités mais jamais crédités et le prix des euros et des dollars sur le marché noir s’envole face au cours officiel du franc CFA.

Africa News - IMF + Congo Bitcoin

« Bon alors tu vas sur Coinbase.com et avec ta carte de crédit ou…  »

« Non… je ne veux pas acheter des bitcoins avec des euros ou des dollars, je veux les acheter avec des francs CFA que j’ai dans la main. En dehors de mon compte bancaire puisqu’aucun argent n’en sort, les banques bloquent tout retrait ou virement. Donc je fais comment, concrètement ? »

« Concrètement, tu ne fais pas. »

« Bon. OK tu confirmes ce que je craignais. Ça ne me sert à rien. C’est un truc de geek ou de mec en costard dans une tour de verre climatisée. En plus ici, au premier trouble, les réseaux sont suspendus. Autant aller voir les orpailleurs ou le Malien du coin de la rue qui a de l’or… »

De façon étonnante, deux analystes de Goldman Sachs (qu’on pourrait plutôt caser dans la catégorie « mec en costard dans une tour de verre climatisée ») viennent de conclure que l’or était « mieux » que le bitcoin.

Bitcoin Goldman Sachs

Malgré tout, ce « truc de geek » inquiète les gouvernements. Dans les pays développés, ces derniers aimeraient bien instaurer la société sans cash afin de pouvoir contrôler toutes nos transactions. Les cryptomonnaies constituent par conséquent une concurrence gênante.

Kenneth Rogoff, l’économiste co-auteur de Cette fois c’est différent – Huit siècles de folie financière, lance un avertissement dans une tribune du Project Syndicate :

« L’État finit toujours par réguler puis s’approprier les innovations du secteurs privés – et il n’y a aucune raison pour que ces devises virtuelles ne subissent pas le même sort. »

La folie financière est désormais généralisée. Bitcoin et or sont deux façons différentes de miser contre les banquiers centraux et sur un désastre final. Mais l’or est plus « concret » que le bitcoin ou une autre cryptomonnaie. Ayez des cryptomonnaies et spéculez, mais ayez aussi de l’or.

A propos de l'auteur

Simone Wapler

Rédactrice en Chef de L’Investisseur Or et Matières et de La Stratégie de Simone Wapler
Ingénieur de formation, Simone Wapler a quitté depuis plus de 13 ans le secteur de l’ingénierie aéronautique pour se concentrer sur les marchés boursiers. En 2001, elle entre aux Publications Agora — groupe de presse et d’édition spécialisé dans la recherche et les conseils financiers – dont elle prend la direction éditoriale en 2011. Son expertise sert aujourd’hui, non pas la cause des multinationales ou des banquiers, mais celle des particuliers.
La force de Simone Wapler, c’est son indépendance. Attention, elle n’est pas pour autant isolée, elle reste connectée en permanence à un réseau de spécialistes iconoclastes unique au monde : Agora Inc. Mais Simone ne se contente pas comme beaucoup de collecter les informations officielles et de les relayer… Non, elle va au charbon — et utilise sa puissance d’analyse pour décrypter elle-même l’actualité, chiffres à l’appui, afin d’apporter une véritable plus-value d’information à ses lecteurs, sous une forme simple et sans jargon.
C’est simple, elle a été parmi les premiers à s’intéresser à l’or et à prédire sa hausse continue. Elle a mis en garde le grand public — bien avant la presse généraliste — de l’explosion de la bulle internet en 2000… des dérèglements financiers mondiaux de l’après 11 septembre 2001… de la bulle des junk bonds de 2001… de la bulle immobilière américaine en 2007… de la crise des dettes souveraines dès fin 2009…
Plus récemment encore, elle a averti ses lecteurs du risque pesant sur les obligations grecques, espagnoles ou portugaises – ou sur de nombreux placements autrefois sûrs, et désormais à fuir. Elle n’a pas attendu pour cela la dégradation des notes souveraines de ces Etats ou encore celle, en juin 2012, de grandes banques comme la Société Générale ou BNP Paribas.
Simone Wapler travaille tous les jours pour vous permettre d’avoir un temps d’avance sur les autres et vous aider à protéger votre capital contre les dangers qui le menacent.
Elle est également rédactrice en chef de L’Investisseur Or et Matières et de La Stratégie de Simone Wapler.

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