Bons plans

Connaissez-vous cet autre moyen de posséder du vin ?

vin
Ecrit par Anne Harald

J’essaie, tant bien que mal, de me constituer une cave. Mais il est loin d’être évident de savoir quel vin acheter, lequel vieillira bien, combien de temps le garder avant de l’ouvrir…

Pas évident non plus d’acheter au bon moment. J’ai bien essayé d’acheter des crus de certaines années qui ont compté pour moi. Soit j’arrivais trop tôt. Le vin n’était pas encore mis en bouteille, pas encore commercialisé. Soit j’arrivais un peu tard et les crus de qualité valaient déjà très cher.

Résultat, j’ai commencé à me pencher sur ces histoires de vendange, de mise en bouteille, de primeur…

Et je suis tombée sur des opportunités d’investissement dans les vignes.

Comme vous allez le voir, ça pourrait bien m’aider à me constituer une cave digne de ce nom.

Derrière les vignes, le vin

Investir dans les vignes ne signifie pas acheter directement des vignobles. Pour cela, il vous faudrait de toute façon un certain capital ! En 2015, pour acquérir un hectare de vignes d’appellation contrôlée, vous auriez dû débourser 140 500 €.

Mieux vaut donc s’y mettre à plusieurs, et surtout ne pas prendre soi-même en charge la production du vin, au risque de nuire à son propre investissement.

La solution à cela se nomme GFV, groupement foncier viticole.

Le principe : vous achetez une part de GFV et devenez propriétaire d’une parcelle de vigne qui est exploitée par un viticulteur en place. Il est possible, via les GFV, de posséder des parcelles de vignobles de grande qualité. Qualité qu’il vaut d’ailleurs mieux privilégier par rapport à la quantité, en choisissant des terroirs renommés.

Si le coût de ces parts peut monter jusqu’à 200 000 €, il est aussi possible d’investir dans les GFV à partir de 3 000 €.

En échange de votre investissement, vous touchez une part des dividendes produits chaque année. Sous réserve qu’il y en ait bien sûr, et c’est le moment d’attirer votre attention sur les risques d’un tel investissement : les vignes sont fragiles, soumises aux maladies ou aux aléas climatiques. La récolte d’une année peut être détruite, certaines vignes peuvent perdre de la valeur. Vous pouvez y laisser votre mise de départ.

Une fois ceci en tête, revenons à nos dividendes. Vous pouvez les toucher en espèces. Mais aussi – et surtout – en nature. C’est-à-dire en bouteilles ! De quoi se constituer au fil du temps une cave de qualité. Je lisais dans la presse les modalités de fonctionnement du GFV « Les Gravières de Bourgogne ». Chaque part (d’une valeur de 5 000 €) rapportait ensuite chaque année 24 bouteilles de 75 cl, dont une de Grand cru et 4 de Premier cru.

Vous me direz, avec un peu d’organisation, je peux aussi aller dans un magasin et me constituer une cave sans sortir d’emblée 5 000 €. Tout à fait.

Mais outre le fait de boire du bon vin, investir dans les GFV permet de réaliser un investissement foncier, d’espérer une plus-value à la revente, et c’est aussi très intéressant si vous êtes assujetti à l’ISF.

Douce fiscalité

Investir dans les vignes vous permettra donc de bénéficier de quelques avantages fiscaux appréciables. Enfin, à condition d’investir à moyen terme et surtout de payer l’ISF.

Concrètement, une part importante de la valeur des parts de GFV est déductible de la base imposable à l’ISF, dès sa 2e année de détention.

En chiffres, cela donne une déduction de 75% de la valeur de la part, plafonnée à 101 897 €, puis de 50% passé ce plafond.

Vous réfléchissez à votre succession ? Là encore, buvez tranquille. Les parts de GFV profitent de ce même système d’exonération dans le cadre d’une donation ou d’une succession. Seul impératif : avoir conservé les parts pendant 5 ans avant la succession, 7 avant la donation.

Si vous hésitez encore, sachez aussi que, si vous souscrivez un crédit pour investir dans un GFV, les intérêts sont déductibles de revenus perçus. Revenus eux-mêmes soumis à l’impôt foncier.

Quant à la plus-value engrangée à la revente, elle est imposée au titre de cession immobilière… mais vous aurez droit à une exonération si le montant de la cession est inférieur à 15 000 € ou à des abattements allant de 2% à 8% par an, selon la durée de détention des parts.

Finalement, le conseil est le même que pour une bonne bouteille : mieux vaut être patient et conserver ses parts de GFV un certain nombre d’années.

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Anne Harald

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