Bien-être Santé

Anxiolytiques, somnifères, antidépresseurs… comment s’en passer ?

Médicaments en pilules pour dépression
Ecrit par Meriem Saïdi

Le réflexe médicament, psychotrope ou non, est plus fort dans l’Hexagone que chez nos voisins européens. Le mésusage de ces médicaments est important : prescription hors indications, durée de consommation dépassant les recommandations… Les premiers prescripteurs sont les généralistes qui auraient plutôt tendance à recourir un peu vite au médicament.

La liste des effets secondaires ne cesse de s’allonger : risques de démence, de chute, d’amnésie, d’agitation… Ces traitements ne doivent pas être pris à la légère, surtout quand ils sont incontournables. Le suivi médical reste indispensable. Il ne faut surtout pas pratiquer l’automédication.

Dans certains cas, il peut être avantageux de se tourner vers d’autres pratiques. Pour ne pas commencer à prendre des médicaments ou s’en passer, je vous propose des alternatives qui valent la peine d’être explorées. Elles vous permettront de voir la maladie psychique sous un autre angle, de devenir acteur de votre vie en acceptant d’ores et déjà vos états d’âme sans vous précipiter systématiquement sur une solution chimique.
Puce Vous consommez trop de psychotropes !
Traitements trop longs, trop dosés, hors indications… Pourquoi s’en inquiéter ?

  • Une étude de l’Inserm de 2015 et portant sur 8 000 personnes de plus de 65 ans a confirmé l’augmentation du risque de démence de 60 % chez celles qui prenaient une benzodiazépine. La deuxième conséquence dramatique des nouvelles molécules est la chute.

Attention, ce sont bien les prescriptions prolongées qui exposent le patient à la démence. Plus de la moitié des traitements dépasseraient les durées recommandées dans l’autorisation de mise sur le marché (AMM). N’avez-vous pas autour de vous un proche à qui on prolonge sans arrêt son médicament ? Certains n’arrêtent jamais leur traitement…

  • Parlons des antipsychotiques : réservés auparavant à un petit nombre de pathologies psychiatriques lourdes, comme la schizophrénie ou la bipolarité, pour traiter des symptômes comme les hallucinations, elles sont prescrites aujourd’hui à des enfants considérés comme turbulents ou agités.
  • Le cas des antidépresseurs est emblématique : cinq millions de Français en consomment au cours d’une année, alors que la moitié ne présente pas de syndrome dépresseur majeur et n’en ont donc pas besoin.

Puce Pourquoi ce mésusage ?
Loin de moi l’idée de pointer du doigt les généralistes, mais 80 % des prescriptions sont faites par des généralistes qui n’ont pas forcément la formation nécessaire. Ce serait oublier la pression du patient, qui veut ressortir du cabinet avec une prescription, et celle des lobbies pharmaceutiques qui encouragent ces prescriptions.

Attention : il n’est pas question de prendre seul la décision de stopper son traitement. Il reste légitime de demander à votre médecin traitant s’il est adapté, voire utile.

Ces médicaments affectent votre comportement. Ne sentez-vous pas qu’ils ralentissent votre pensée, qu’ils réduisent votre capacité à vous concentrer ? Vous les consommez pour faire face au stress, à l’anxiété et à l’insomnie sans vous rendre compte qu’ils altèrent les capacités « naturelles » à se défendre contre des symptômes inhérents à la condition humaine. Ils peuvent aussi freiner un processus de deuil. À trop vouloir aller bien tout de suite, là maintenant… vous oubliez aussi vite qu’il existe d’autres façons d’aller mieux.
Puce Adoptez des stratégies efficaces pour aller mieux et sans chimie !

  • Première étape : se sevrer

Règle numéro 1 : ne jamais arrêter sans en parler à votre médecin traitant.

Règle numéro 2 : s’assurer du soutien de votre médecin.

Tout va dépendre de la molécule que vous prenez. L’interruption des antidépresseurs déclenche des symptômes proches de ceux de la grippe (frissons, douleurs musculaires), ainsi qu’un mal-être général, de l’anxiété, de la tension nerveuse et des insomnies. L’interruption des somnifères est plus problématique parce que le médicament est généralement plus concentré en principes actifs que de simples tranquillisants.

Dans tous les cas, il faut bien choisir sa période pour démarrer le sevrage : une période de congés sera plus propice. C’est aussi le moment de se lancer dans une introspection : quel a été l’élément déclencheur, le problème est-il réglé ?

Il faudra aussi penser à adopter les règles élémentaires d’une bonne hygiène de vie : se lever et se coucher à des heures fixes (y compris le weekend), ne pas abuser des excitants comme le café, pratiquer une activité physique dans la journée et pas en soirée, veiller à son alimentation… Un vrai programme de sportif !

L’étape la plus délicate sera la diminution progressive des doses de médicaments : le choix du médecin disponible, à l’écoute et vous encourageant dans ce parcours difficile prend là toute son importance.

  • Deuxième étape : soigner les maux de l’âme

Essayez la sophrologie. Vous êtes nombreux à souffrir d’insomnie. Beaucoup d’entre vous ont du mal à gérer le stress. Si le réveil nocturne est causé par un élément anxiogène et s’il est répétitif, des exercices de sophrologie peuvent vous aider à « déprogrammer » votre cerveau qui a tendance à anticiper ces réveils : cela vous permettra de relâcher la tension nerveuse, d’éviter les ruminations et d’optimiser l’endormissement lors du prochain cycle de sommeil. Pour trouver un praticien qui vous guidera lors d’une dizaine de séances, consultez l‘annuaire de la fédération des sophrologues.

Adoptez le régime méditerranéen. De nombreuses études ont fait le lien entre alimentation et anxiété. Le régime méditerranéen est reconnu pour booster vos capacités cognitives et réduire les risques de dépression. C’est la consommation de nutriments et d’aliments tels que les oméga 3, les légumes, les fruits, les légumineuses qui expliquerait cela. Parallèlement, il est évident qu’il faut limiter la consommation d’alcool, et éviter les produits industriels bourrés d’additifs dont on ignore tous les effets. Les produits raffinés comme le sucre ont été incriminés dans le risque accru de dépression dans une étude de l’American Journal of Clinical Nutrition sur 70 000 femmes ménopausées. Les résultats de cette étude suggèrent que les régimes à IG (indice glycémique) élevé pourraient être un facteur de risque de dépression chez les femmes ménopausées.

Tournez-vous vers l’ostéopathie. Derrière les maux de dos, les migraines chroniques ou les maux de ventre, se cache souvent de l’anxiété. Nombre de ces affections sont liées à des perturbations du système neurovégétatif. L’ostéopathie agirait sur ce système de façon mécanique et aussi sur les fluides, en prenant en compte le fait que les réveils nocturnes sont aussi dus à un dérèglement de la production de cortisol (hormone du stress). Pour trouver un praticien, consultez le registre des ostéopathes. Il suffit de deux ou trois séances pour voir une amélioration.

Faites du sport. L’activité physique produit des endorphines qui provoquent un état euphorique. Elles favorisent la neurogenèse (création de neurones), responsable du bon fonctionnement du système nerveux perturbé en cas de dépression. C’est peut-être la dernière chose que vous avez envie de faire en pleine dépression, mais ça vaut la peine d’essayer ! Pas la peine de se faire violence, le yoga peut suffire. Le stress peut venir d’une activité mentale trop intense (le fameux « je cours toute la journée » vous parle ?). C’est un peu comme passer par le corps pour calmer l’esprit. Le tai-chi est reconnu pour diminuer le stress et l’anxiété, ainsi que les symptômes de la dépression. Pour ceux qui ont vraiment besoin de bouger, il y a la course à pied que vous pouvez pratiquer vraiment partout. En définitive, écoutez vos sensations.

Méditez. La méditation en pleine conscience (ou mindfullness) est indiquée entre autres dans les troubles de l’anxiété et en prévention de rechute dépressive pour des patients à risque. Un facteur commun à la dépression, à l’anxiété et à l’insomnie est la rumination, cette tendance à ressasser les événements du passé et à s’inquiéter sans cesse pour le futur. Le mindfullness permet de laisser de côté, du moins pour un temps, ces ruminations et ces anticipations en se recentrant sur vos sens. Avec le mindfullness, vous serez plus attentif, plus apte à vous concentrer. Cela diminuera la fréquence et l’intensité d’émotions douloureuses (peur, tristesse, colère) et augmentera les émotions plaisantes (joie et sérénité). Je vous conseille de consulter le site dédié à cette discipline pour vous faire une idée plus précise de cette alternative aux médicaments.

Essayez la phytothérapie. La médecine par les plantes aurait des effets anxiolytiques sans les effets secondaires. L’aubépine est spécifique des palpitations et des anxiétés nocturnes avec insomnie. La valériane est recommandée aux personnes qui ruminent. La fleur d’oranger est réputée relaxante, la camomille romaine aussi. Vous les trouvez sous formes de feuilles, de gélules ou d’huiles essentielles. Contre la dépression légère, on utilise aussi le millepertuis.

Attention, les plantes ne sont pas exemptes de risques d’interactions médicamenteuses : le millepertuis stimule les enzymes du foie, ce qui entraîne une dégradation des autres médicaments. Il est donc formellement déconseillé aux personnes prenant des antirétroviraux, des anticancéreux, des anticoagulants ou des contraceptifs oraux.

Suivez une psychothérapie. Elle est efficace pour soulager les troubles anxieux. Les TCC le seraient aussi. Pour plus de détails, consultez l’Association française de thérapie comportementale et cognitive.

Tentez la musicothérapie. La musique adoucit les mœurs… et les maux de l’esprit. La musicothérapie n’est plus une affaire de croyance. En séance de groupe ou individuellement, la musique détend. Vous êtes plus réceptif : la musique agit sur le plan émotionnel, mais aussi sur le plan physique, entraînant des images positives. Pour éviter les pratiques je dirais farfelues, consultez la Fédération de la musicothérapie.

Vous l’aurez compris : il n’y a pas de remède miracle, mais il y a toujours un moyen de faire autrement qu’avec de la chimie. L’essentiel est de ne pas le faire seul, d’être bien suivi, entouré et encouragé. Si rien n’y fait et que votre insomnie, votre angoisse ou votre mal-être perdurent, le médicament reste une option tant qu’il ne devient pas une camisole chimique qui vous anesthésie au lieu de vous permettre de mieux vivre.

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Meriem Saïdi

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