Politique

« Ensemble, soyons vigilants » — Encore faut-il que le 17 réponde…

Ecrit par Simone Wapler

Il nous faut d’urgence « plus de tout » : plus de policiers, de gendarmes, de douaniers, de bombes, de bombardiers, de frappes sur la Syrie, de contrôles, de budget (et donc de déficit). Tout ceci pour notre sécurité car nous les Français sommes traumatisés par les derniers attentats, survenus 10 mois après celui de Charlie Hebdo.

Pourtant, avant de payer pour toutes ces dépenses, et de voter des lois liberticides et l’état d’urgence permanente ne serait-il pas plus judicieux de faire en sorte que le « 17 » réponde ?

En matière de com, il est vrai qu’agir pour faire en sorte qu’il y ait quelqu’un au bout du fil de « police secours » est une affaire beaucoup moins juteuse et grandiose que « plus de » bombes, d’armes, de douaniers, de gendarmerie, de flicage monétaire ». Rendre opérationnel le 17 ne sert pas beaucoup les intérêts du capitalisme de copinage (banquiers, fabricants d’armes, de systèmes de sécurité), ni celui des politiciens professionnels. Nous avons donc récemment eu droit à une propagande à la gloire des zombies.

La communication est l’art de dire aux gens ce qu’ils souhaitent entendre tout en les amenant à penser ce que vous voulez qu’ils pensent, pour paraphraser Bruno Bertez. Toute la semaine du 16 au 20 novembre, les grands médias se sont remplis de unes et de titres guerriers et sécuritaires et nous ont bien vendu le « pacte de sécurité » de M. Hollande.

Voici, à titre d’exemple, les unes de quelques grands journaux nationaux les 16, 17 et 18 novembre. C’est suffisamment éloquent.

Les unes après les attentats du 13 novembre 2015

Les unes après les attentats du 13 novembre 2015

Même Ségolène Royal, pas dégoûtée des portiques après le coûteux fiasco de ceux de l’écotaxe, voudrait nous imposer des portiques de sécurité pour scanner en masse.

Au milieu de ce flot de « plus de tout payé par votre argent », une information n’a pas été beaucoup relayée. Pourtant, si elle avait été plus largement diffusée, nous aurions pu nous étonner que M. Cazeneuve, ministre de l’Intérieur n’ait pas, par décence, proposé sa démission.

Libre d'agir - Parce qu'on est ce que l'on fait La solution : soyez vigilants !

« Ensemble soyons vigilants » vous serine la « communication ».

Variante SNCF-Vigipirate : « Attentifs ensemble »… En cas de doute, n’hésitez pas à sonner l’alerte !

Encore faut-il que l’alerte puisse être réceptionnée, entendue et traitée. Sinon, la vigilance et l’attention ne servent que l’observateur et non la société.

Voisins vigilants

Libre d'agir - Parce qu'on est ce que l'on fait Il appelle le 17 « au minimum 80 fois ». Des appels qui restent sans réponse…

« Il est 19h35, vendredi 13 novembre. Christophe est à la terrasse du restaurant Cellar, 9 rue Crussol dans le 11e arrondissement, lorsqu’une Polo noire immatriculée en Belgique se gare devant lui. Le jeune observe ses deux occupants, qui tapotent sur leurs smartphones.

A 21h40, après avoir appris les attentats au Stade de France, Christophe veut alerter la police sur ces individus qui lui avaient semblé louches. Il appelle le 17 ‘au minimum 80 fois’. Des appels qui restent sans réponse… La salle du Bataclan est à 300 m de là. Moins de 10 minutes plus tard, les hommes de la Polo font irruption dans la salle de spectacle et ouvrent le feu sur la foule, faisant au moins 89 morts. » Le Nouvel Obs

« On l’appellera Christophe. A l’autre bout du fil, la voix est lasse, fatiguée. (…) Il y a encore quelques heures, il se trouvait au 36 quai des Orfèvres pour raconter son incroyable histoire. Vendredi soir, donc, Christophe se trouve au restaurant Cellar, au 9 rue Crussol, dans le 11e arrondissement de Paris à seulement 3 minutes du Bataclan. C’est un habitué des lieux.

Le patron est un de ses amis. A 19h35, alors qu’il boit un verre à l’extérieur du restaurant, Christophe voit arriver une Polo noire immatriculée en Belgique: ‘Ils se sont garés juste devant moi alors qu’il n’y avait pas beaucoup de place. J’ai trouvé ça bizarre. Le conducteur avait du mal à tourner le volant comme s’il savait à peine conduire. Je suis allé les voir pour leur dire qu’ils étaient mal garés. Ils n’ont pas ouvert la fenêtre et m’ont regardé méchamment. On aurait cru des morts-vivants, comme s’ils étaient drogués’.

Christophe retourne boire son verre mais observe néanmoins les hommes dans la voiture qui a les feux éteints mais le moteur toujours allumé. ‘J’ai bien vu le visage du conducteur et celui du passager car ils ont commencé à tapoter sur leur smartphone, ce qui a fait que cela éclairait leur visage. (…).’

Vers 20h15, Christophe voit passer une voiture de police devant le restaurant qui ne semble pas remarquer la Polo noire mal garée. A 21h30, Christophe quitte le restaurant tandis que les quatre hommes de la Polo sont toujours là.

Il a appris que des bombes ont explosé au Stade de France. A 21h40, il tente à plusieurs reprises de joindre la police par téléphone ’80 fois au minimum’ mais sans réponse. Quelques minutes plus tard, la nuit cauchemardesque débutait au Bataclan. » Le Figaro

Des lois liberticides passent comme une lettre à la poste. Des bombes sont larguées à l’étranger. On dépense sans frein et sans compter l’argent du contribuable qui n’en peut plus. Mais il n’y a personne au bout du 17 !

Cela ne dérange pas nos chers élus et ministres qui s’auto-congratulent facilement. M. Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, n’ira pas pointer chez Pôle emploi, rassurez-vous.

C’est tout simplement écoeurant.

Ensemble, soyons vigilants ! Mais ne perdez pas de temps à appeler le 17.

A propos de l'auteur

Simone Wapler

Rédactrice en Chef de L’Investisseur Or et Matières et de La Stratégie de Simone Wapler
Ingénieur de formation, Simone Wapler a quitté depuis plus de 13 ans le secteur de l’ingénierie aéronautique pour se concentrer sur les marchés boursiers. En 2001, elle entre aux Publications Agora — groupe de presse et d’édition spécialisé dans la recherche et les conseils financiers – dont elle prend la direction éditoriale en 2011. Son expertise sert aujourd’hui, non pas la cause des multinationales ou des banquiers, mais celle des particuliers.
La force de Simone Wapler, c’est son indépendance. Attention, elle n’est pas pour autant isolée, elle reste connectée en permanence à un réseau de spécialistes iconoclastes unique au monde : Agora Inc. Mais Simone ne se contente pas comme beaucoup de collecter les informations officielles et de les relayer… Non, elle va au charbon — et utilise sa puissance d’analyse pour décrypter elle-même l’actualité, chiffres à l’appui, afin d’apporter une véritable plus-value d’information à ses lecteurs, sous une forme simple et sans jargon.
C’est simple, elle a été parmi les premiers à s’intéresser à l’or et à prédire sa hausse continue. Elle a mis en garde le grand public — bien avant la presse généraliste — de l’explosion de la bulle internet en 2000… des dérèglements financiers mondiaux de l’après 11 septembre 2001… de la bulle des junk bonds de 2001… de la bulle immobilière américaine en 2007… de la crise des dettes souveraines dès fin 2009…
Plus récemment encore, elle a averti ses lecteurs du risque pesant sur les obligations grecques, espagnoles ou portugaises – ou sur de nombreux placements autrefois sûrs, et désormais à fuir. Elle n’a pas attendu pour cela la dégradation des notes souveraines de ces Etats ou encore celle, en juin 2012, de grandes banques comme la Société Générale ou BNP Paribas.
Simone Wapler travaille tous les jours pour vous permettre d’avoir un temps d’avance sur les autres et vous aider à protéger votre capital contre les dangers qui le menacent.
Elle est également rédactrice en chef de L’Investisseur Or et Matières et de La Stratégie de Simone Wapler.

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