Patrimoine & finance

Épargne des plus jeunes : des choix urgents à faire !

Ecrit par Anne Harald

Pour tout vous dire, pour cet article, je me suis inspirée de ma situation personnelle et j’espère qu’en l’écrivant, je trouverai des réponses à mes interrogations.

Je souhaiterais débuter une épargne pour mes enfants (ça marche aussi pour les petits-enfants, si vous êtes grands-parents). Mais il n’est pas évident de choisir un placement adéquat. Autant vous prévenir tout de suite, tous présentent des défauts. Rendements bas, fiscalité pesante, épargne bloquée… Il va bien falloir arbitrer.

Ce dont je me suis aperçue en revanche, c’était qu’il fallait le faire très vite. Une part de la réforme de la fiscalité voulue par Emmanuel Macron va entrer en vigueur dès le 1er janvier prochain, donc il faut ouvrir certains placements avant cette date !

Avoir une vision à long terme

Vous n’êtes pas là pour lire un inventaire à la Prévert de tous les placements qui existent pour les mineurs. Cela, on le trouve facilement. Ce que nous cherchons plutôt, ce sont des réponses, des avis.

Alors en voici un premier.

Personnellement, j’ai choisi d’écarter le livret jeune et même le sacro-saint livret A de mes choix d’investissement pour mes enfants.

Il faut dire que les miens sont tout petits. J’ai donc un long, très long, horizon d’investissement devant moi. J’en déduis plusieurs choses.

Premièrement, ces produits très classiques présentent des plafonds. Sur un livret jeune, vous ne pourrez mettre que 1 600 €. Le livret A est plus généreux, mais se limite tout de même à 22 950 €.

N’imaginez pas que je vais verser chaque mois des fortunes sur le compte de mes enfants. Pas du tout. Mais je me dis qu’en 18 ans, j’ai tout de même le temps d’atteindre un certain montant. Peut-être aussi que d’ici quelques temps, soyons optimistes, nos revenus seront plus élevés et nous augmenterons nos versements. Peut-être que leurs grands-parents auront également envie de mettre un peu d’argent sur leur compte à l’occasion de leurs anniversaires.

Je trouve donc cela dommage de partir sur un produit plafonné.

Deuxièmement, les rendements de ces livrets sont très bas. Alors, en échange, ils sont sécurisés et exemptés d’impôts. Mais justement, être exempté d’impôts est surtout intéressant lorsque notre horizon d’investissement est à court ou moyen terme. Ce qui n’est pas notre cas.

Puisque nous disposons de beaucoup de temps, nous (enfin nos chers petits) pourrons profiter des avantages fiscaux associés à certains produits d’investissement, sous condition de temps de détention.

Enfin, disposer de temps est précieux car cela nous permet de prendre plus de risques. Pas des risques inconsidérés, non, il s’agit tout de même d’argent destiné à aider nos enfants à démarrer dans la vie. Mais une petite dose de risque qui nous rapporterait un peu plus que les placements à 0,75% comme le livret A.

Ces bases étant posées, voyons maintenant les solutions que nous avons.

Mes deux options

J’ai retenu deux opportunités de placement entre lesquelles mon cœur balance encore.

La première consiste à ouvrir à mes enfants un PEL, ou plan épargne logement.

Et c’est là qu’il y a urgence ! En effet, pour faire simple, leur exonération fiscale va sauter. Jusqu’à maintenant, tous les intérêts engrangés jusqu’à la 12e année étaient exemptés de l’impôt sur le revenu et n’étaient soumis qu’aux prélèvements sociaux (15,5%). Au-delà de 12 ans, la taxation se chiffrait alors à 39,5%.

À compter du 1er janvier, les intérêts seront taxés dès la première année à un taux de 15,5%, auxquels s’ajouteront les prélèvements sociaux de 15,5%. Soit une taxation de 30%. Bon alors évidemment, passé 12 ans, cela devient intéressant car le taux reste à 30% au lieu de 39,5%, mais c’est tout de même dommage de payer tant d’impôts dès la première année !

La seule solution : ouvrir un PEL avant fin 2017.

Pour rappel, celui-ci donnera accès à des conditions préférentielles d’emprunt immobilier. Et ça, c’est une bonne chose, car le pécule constitué pour mes enfants peut tout à fait leur servir à s’acheter un petit appartement. En revanche, je reste chagrinée par le taux du PEL, qui n’est que de 1%.

Ce qui me conduit à penser à l’assurance-vie.

J’ai fait une simulation sur Internet et pour un profil d’investissement au risque modéré (c’est-à-dire pas prudent, donc on va bel et bien sur les marchés financiers, mais pas non plus dynamique, donc on sécurise une partie de l’épargne). Les contrats d’assurance vie qui correspondent le mieux à mon profil (enfin à celui de mes enfants) sont ceux des banques en ligne, comme Boursorama et Fortuneo. Et là, j’atteins un rendement possible (attention, non garanti) de 3% environ.

Bon, je le sais, l’assurance vie s’accompagne d’une imposition plus élevée. Mais c’est là que l’idée de posséder un produit à long terme joue à plein.

Je peux me permettre de prendre plus de risques et d’augmenter mon rendement.

Je profite des avantages fiscaux liés à une détention longue (plus de 8 ans).

Et j’échappe potentiellement à la hausse de l’impôt sur l’assurance-vie à 30%, car elle ne touchera que l’épargne à partir de 150 000 €. En deçà, l’imposition de l’assurance-vie demeure inchangée. Alors même si j’espère que mes revenus vont continuer d’augmenter, il demeure toutefois peu probable que j’arrive à épargner plus de 150 000 € pour chacun de mes enfants au cours des 18 prochaines années.

Voilà pourquoi je penche aussi très sérieusement en faveur d’un contrat d’assurance-vie pour mes petits. Sans compter que certains acteurs sont en train de se spécialiser sur ce segment. Yomoni a ainsi lancé une assurance-vie kids. Je m’en vais de ce pas faire une simulation sur leur site…

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Anne Harald

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