Entreprendre

Gérer la déception

Ecrit par Mark Ford

Le gros contrat que vous attendiez ne sera jamais signé. Votre client a annulé sa commande.

L’augmentation de 10% de votre salaire, promise par votre patron lorsqu’il vous a embauché, ne sera que de 5%. « Les temps sont durs,… » affirme-t-il.
Et la promesse du plombier de réparer vos toilettes d’ici la fin de la journée ? Un doux rêve. Il va falloir refaire toute la tuyauterie.

Rien de tel qu’une mauvaise surprise pour gâcher une belle journée. Rien de tel que trois ou quatre mauvaises surprises pour gâcher un bon mois.

J’ai connu par le passé un entrepreneur à la carrière brillante qui dût faire face, sur une période de six mois, à la trahison de l’un de ses vendeurs les plus performants qui lui vola ses trois meilleurs clients, à la mort de son père et à la honte d’apprendre que sa femme avait une aventure avec son voisin de palier.

Les affaires finirent par reprendre et le voisin déménagea… mais il était trop tard pour mon ami. Il n’a pas pu supporter toutes ces mauvaises nouvelles. Il s’est suicidé.

Puce Nous ne pouvons pas contrôler les choses qui nous arrivent, mais nous pouvons contrôler la manière dont nous réagissons
La Vie est Belle, sorti en 1997 (Oscar du Meilleur film étranger) est un excellent film basé sur ce principe. Il raconte l’histoire d’un homme juif, Guido Orefice (joué par Roberto Benigni), interné avec son fils de cinq ans dans un camp de concentration nazi.

Voici un homme dont la situation ne pourrait pas être pire. Il parvient pourtant à s’élever au-dessus des circonstances et à protéger son fils des horreurs qui les entourent, en utilisant le pouvoir de son imagination, quelque chose que les gardes nazis ne peuvent pas contrôler.

La plupart d’entre nous n’avons pas la résistance mentale et spirituelle dont Guido fait preuve dans ce film. La plupart d’entre nous sommes déçus lorsque des choses négatives nous arrivent. Nous nous mettons parfois en colère. Parfois, c’est la dépression qui nous gagne.

On pourrait penser que les entrepreneurs sont habitués à gérer les mauvaises nouvelles. Ils sont, après tout, prêts à s’exposer au risque, donc à l’échec. Toutefois, s’ils prennent des risques, ceux-ci sont généralement calculés. En conséquence, ils vivent dans un monde où les choses ont tendance à tourner comme ils s’y attendent.

Ils peuvent être anéantis lorsqu’ils doivent faire face à une déception.

J’étais comme eux par le passé. Mais j’ai réalisé avec les années qu’il fallait apprendre à gérer ses déceptions.

Alors j’ai essayé toutes sortes de techniques apprises dans des livres de développement personnel. Je n’ai trouvé qu’une seule chose qui fonctionne vraiment bien et toujours — le plan B.

Puce Le plan B répond à la question : « Que vais-je faire si tout ne se déroule pas comme prévu ? »
Mettre en place un plan B n’a aucun effet sur votre succès. Les chances que le plan A fonctionne n’en sont pas affectées. En revanche, si l’impensable se produit effectivement, vous êtes déjà mentalement préparé à l’affronter. Vous avez une solution de secours et restez donc serein face au problème.

J’utilise cette technique quasi systématiquement.

Lorsque K et moi avons acheté un vol pour New York pour rendre visite à nos deux fils aînés par exemple, j’ai consciemment pris en compte la possibilité que le vol que nous avions réservé puisse être en retard ou annulé. J’ai vérifié quel était le vol suivant et je me suis dit : « Si nous ne pouvons pas prendre le premier vol, ce ne sera pas dramatique. J’utiliserai simplement le temps d’attente supplémentaire pour lire un peu et je monterai dans le prochain avion. »

Puce C’est incroyablement efficace
J’ai même récemment utilisé cette technique quand je me suis blessé à l’épaule en faisant de la lutte. Les choses ne s’étant pas améliorées au bout d’un mois, j’ai pris rendez-vous avec mon orthopédiste. En allant au rendez-vous, j’espérais ne pas m’être fait trop mal. Mais juste au cas où… j’ai réfléchi à ce que je ferais s’il était nécessaire de m’opérer.

J’ai décidé que mon plan B serait d’utiliser le temps de récupération pour améliorer l’état de mon coeur et de mes poumons. J’ai planifié des entraînements avec des squats, du sprint et toutes sortes d’exercices d’endurance centrés sur mes jambes.

Donc quand mon docteur m’a annoncé une déchirure sur une coiffe des rotateurs, qu’il allait être nécessaire d’opérer, je n’ai pas été terriblement frustré. En réalité, j’étais même plutôt enthousiasmé. Ces mauvaises nouvelles étaient simplement l’occasion rêvée de renforcer la santé de mon coeur et de mes poumons.

L’opération a eu lieu il y a quatre semaines. Et bien que je ne puisse rien faire avec mon bras gauche (qui est toujours en écharpe), je fais de l’exercice deux fois par jour — une fois seul, et une fois avec un entraîneur. Je travaille sur ma puissance cardiaque, respiratoire et sur mon endurance. Mon rythme cardiaque est passé à 175 — 20 battements de plus qu’avant ma blessure. Lorsque je reprendrai la lutte dans six mois, je serai un monstre de résistance cardiovasculaire !

J’ai fait la même chose il y a six ans quand je me suis blessé au genou en luttant. Il a fallu remplacer l’un de mes ligaments croisés et je n’allais pas pouvoir remonter sur un tatami avant six mois. Pour quelqu’un comme moi (avec mon emploi du temps et ma personnalité addictive), cette mésaventure aurait pu s’avérer sérieusement déprimante. Mais j’ai mis au point un plan B avant d’être opéré.

Mon plan de repli pour les deux semaines à passer au lit (sous analgésiques) était de regarder d’excellents films que je n’avais jamais vus. Mon plan de secours pour les six mois restants était d’améliorer la force du haut de mon corps et de lire et d’écrire toutes les choses que j’avais remises au lendemain.

J’ai regardé 30 films pendant cette période de deux semaines, et lu plus de 50 livres au cours des mois suivants. J’ai aussi écrit un scénario et un livre, devenu un best-seller.

Puce Faites une liste. Puis déterminez un plan B pour chacun des cas
Passez cinq minutes aujourd’hui à réfléchir à vos attentes — du point de vue professionnel, personnel, du point de vue de vos relations.

Faites une liste. Puis déterminez un plan B pour chacun des cas. Demandez-vous : « si cela ne se produit pas, quelle est la meilleure solution alternative ? »

Assurez-vous que tous vos plans B soient positifs : des choses que vous pouvez faire et qui amélioreront votre vie d’une manière ou d’une autre.

Au départ, il peut être difficile d’imaginer qu’un événement que vous avez espéré ne se produira pas ou se soldera par un échec. Mais une fois que votre plan B sera solidement ancré dans votre esprit, votre anxiété sera moins forte. Elle pourrait même disparaître complètement ; et être remplacée par une acceptation croissante — voire même une impatience que votre plan B se réalise.

Puce Derniers conseils pratiques pour la route
Etant donné que certaines déceptions sont sources de temps libre, vous devriez garder à jour une liste de projets et/ou de tâches que vous aimeriez effectuer. (Depuis que vous rêvez de vous intéresser à votre arbre généalogique, d’apprendre une langue étrangère, d’apprendre à danser la salsa, de lire ce roman passionnant…)

Plus vous passez de temps à imaginer comment vous pouvez faire en sorte que ces choses se produisent, plus vous serez enthousiaste à l’idée d’avoir un jour l’opportunité de les réaliser. Ensuite, quand le moment viendra (et il viendra presque certainement), vous pourrez alors passer d’une déception à une anticipation joyeuse en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire !

[Millionnaire autodidacte, Mark Ford est parti de rien et a construit un véritable petit empire. Aujourd’hui à la retraite, il a décidé d’aider ceux qui le souhaitent à « devenir riche ». C’est ce qu’il fait depuis plus de 10 ans en tant que coach & conseil, et c’est ce qui lui plaît. C’est aussi la raison pour laquelle il a créé le Wealth Builder Club (dont la section française est le Club des Créateurs de Richesse qui rouvrira bientôt ses portes. Restez à l’écoute !]

A propos de l'auteur

Mark Ford

Je m’appelle Mark Ford et suis un millionnaire autodidacte. Je suis né à Brooklyn, à New York, où je vivais dans un minuscule appartement avec mes parents et mes trois frères et sœurs. Mon père était professeur de lycée, il gagnait environ 10 000 dollars par an…

J’ai rejoint le bénévolat (Peace Corps) quand j’étais un jeune homme… j’ai dormi sur des sols boueux dans des huttes africaines... et lorsque mon premier enfant est né, je gagnais moins de 9 000 euros par an. J’ai réalisé que quelque chose devait changer. Et c’est à ce moment que j’ai décidé de gagner sérieusement ma vie.

Depuis mon adolescence “rêveuse”, j’ai passé 39 ans à étudier et pratiquer les secrets pour devenir financièrement indépendant.

J’ai commencé avec le business des services, les toitures, la pose de piscine, la peinture en bâtiment. Ensuite j’ai évolué vers les restaurants, clubs de santé, clubs d’arts martiaux, deux agences de voyage et deux galeries d’art.

En fait, j’ai lancé des business dans tous les secteurs que vous pouvez imaginer – et j’ai collaboré dans bien plus encore. A la fin, mes clients me payaient jusqu’à 2 000 dollars l’heure pour que je les conseille sur leur business – et c’était justifié puisqu’une seule de mes idées pouvait transformer leur entreprise à la peine en entreprise à succès.

Aujourd’hui, je dispose de 50 millions d’euros…

Mais j’ai toujours eu une passion : enseigner. C’est à cela que j’aime passer du temps en ce moment : apprendre aux gens à devenir riche (j’ai beaucoup de chance : je n’aurais plus jamais à me soucier de l’argent désormais, et je peux me permettre de me consacrer aux projets qui m’intéressent).

Il y a des gens qui écrivent leurs Mémoires lorsqu’ils arrivent à l’âge de la retraite. D’autres se lancent dans des activités philanthropiques... Pas moi...

Je veux être reconnu pour avoir aidé un maximum de gens à devenir riche. C’est ce que j’aime faire. Et j’en ai déjà aidé des dizaines, si ce n’est des centaines durant toute ma carrière.

Mais maintenant que je me dirige vers l’âge de la retraite, j’ai décidé de me consacrer entièrement à cela pour le reste de mes jours en créant le Wealth Builder Club (Club des Créateurs de Richesse). Je transmets aujourd’hui toute mon expérience et mon savoir-faire aux membres de mon club qui sont de plus en plus nombreux et qui viennent du monde entier. Je les aide à bâtir leur fortune.

J’en suis fier. Cela fait aussi de moi un retraité heureux, qui se sent utile aux autres.

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