A la une Bien-être

Le thermalisme : une médecine alternative qui marche

Ecrit par Meriem Saïdi

Vous souhaitez une thérapie douce, vous ne supportez plus les effets secondaires des traitements, vous souffrez d’une maladie chronique qui vous épuise… Optez pour la cure thermale. Elle peut être une alternative thérapeutique à la médecine classique quand celle-ci ne parvient pas à vous soulager, elle peut tout simplement être une des composantes d’un traitement plus global.

Puce   L’eau : votre alliée face à la maladie
Une eau thermale est le plus souvent une eau minérale chaude. C’est une eau de source, souterraine, naturellement… impure.

Je m’explique : chaque eau minérale a une composition constante qui lui est particulière. Ses particularités lui viennent du long parcours souterrain qu’elle a effectué. Elle contient des minéraux, des sels, des gaz et des boues qui lui confèrent des propriétés thérapeutiques spécifiques.

Plusieurs particularités de ces eaux conjuguées entre elles et des utilisations multiples (bains, jets, vaporisation, etc.) sont une explication probable de leurs effets sur la santé. L’explication scientifique reste encore à établir, même si de nombreuses études prouvent l’efficacité de la cure thermale dans l’amélioration de certaines pathologies.

On distingue deux grands mécanismes d’action :

  • une action mécanique : au travers d’exercices spécifiques et perfectionnés des curistes dans les thermes, les eaux agissent sur le corps humain en général ;
  • une action chimique : leurs oligo-éléments passent la barrière cutanée et agissent en profondeur sur les organismes malades en renforçant leurs défenses naturelles.

Puce   Les idées reçues sur la médecine thermale

  • Le thermalisme a essentiellement une visée curative. Ses effets curatifs sont reconnus médicalement et utilisés dans le traitement de pathologies diverses. De fait, lors d’une cure thermale, tous les moyens médicaux et sanitaires sont mis au service du curiste. Ce dernier est alors soumis à une surveillance médicale sur toute la durée de la cure thermale, effectuée par un médecin spécialiste et les soins sont dispensés par des spécialistes (kinésithérapeutes, hydrothérapeuthes, infirmiers).
  • 65% des frais liés aux soins thermaux et 70% des soins médicaux (tarif conventionnel) sont remboursés en cas de prise en charge par la Sécurité sociale. Les 35% restants sont à la charge du patient, mais peuvent être versés par une mutuelle. Votre cure doit être prescrite par un médecin et se dérouler dans un établissement conventionné. Les cures à l’étranger ne sont en principe pas prises en charge.
  • La thalassothérapie a essentiellement une visée préventive et relaxante. Elle tire ses bienfaits de l’environnement marin (algues, climat, boue marine) et utilise uniquement de l’eau de mer. Sur le plan de la réglementation, la thalassothérapie ne bénéficie d’aucune prise en charge par l’Assurance Maladie.

Puce   À chaque eau ses vertus
Chaque eau a une « signature » thérapeutique.

  • Les eaux sulfurées ont un taux élevé en soufre qui exerce une action curative sur les muqueuses, lieu de développement des infections chroniques. Elles sont utilisées pour lutter contre les infections respiratoires : rhinites, otites, asthme, bronchites.
  • Les eaux chlorurées ont un fort taux de chlorure de sodium. Les cures avec des eaux chlorurées sont dédiées, grâce à leur effet stimulant sur la croissance, au traitement des troubles du développement et de l’énurésie.
  • Les eaux bicarbonatées sodiques facilitent le traitement de certaines affections gastro-intestinales et hépatocellulaires. Elles régularisent la motricité du tube digestif, atténuent les spasmes digestifs et ont également une action cicatrisante sur la muqueuse intestinale.
  • Les eaux bicarbonatées calciques ont un effet anti-inflammatoire, apaisant et cicatrisant en dermatologie, notamment dans le traitement de l’acné et des brûlures.
  • Les eaux à minéralisation spéciale sont riches en cuivre, en fer ou en arsenic. Les eaux cuivreuses sont indiquées en dermatologie. Les eaux ferreuses sont utilisées dans certains traitements de l’anémie. Les eaux arsenicales le sont pour toutes les allergies. Ces eaux renforcent le système immunitaire.
  • Les eaux minérales hyper thermales (très chaudes) ont un effet particulièrement décontractant et calmant sur les douleurs rhumatismales et sont anti-inflammatoires.

Puce   Des propriétés médicales avérées
Quelles pathologies peuvent être traitées par la médecine thermale ? Difficile de toutes les répertorier. Voici trois domaines d’application où des études prouvent qu’elles ont fait leurs preuves.

  • Dépression, anxiété, insomnies : le thermalisme aide à se sevrer des tranquillisants et des hypnotiques. Pour une dépression légère à modérée, la cure peut être proposée en prévention d’une rechute. Elle aide aussi en cas de fatigue chronique.
  • Arthrose du genou : la rhumatologie et les séquelles de traumatismes ostéo-articulaires constituent l’orientation la plus représentée en thermalisme. Le traitement thermal usuel de l’arthrose repose principalement sur des pratiques de balnéation en eau thermale, d’application de boues thermales, de kinésithérapie ou de kiné-balnéothérapie, mais également sur des douches ou des applications de vapeurs thermales.
  • Insuffisance veineuse : la pathologie veineuse chronique des membres inférieurs touche plus de la moitié de la population française et sa fréquence augmente avec l’âge. On distingue trois grands syndromes : les varices, définies par l’augmentation de calibre et de longueur des veines sous-cutanées ; les symptômes veineux, dont le plus fréquent est la sensation de jambes lourdes ou enflées, associée ou non aux varices ; les troubles trophiques veineux, qui résultent de varices sévères ou de séquelles de thromboses veineuses, touchent 4 à 5% de la population française (principale cause d’ulcères de jambes).

Puce   Toujours plus d’affections concernées
La recherche thermale avance à grands pas et on constate les bienfaits de l’eau sur un nombre croissant de problématiques de santé :

  • la prévention du déclin cognitif ;
  • la prise en charge après un cancer du sein ;
  • la gestion du syndrome métabolique et de l’obésité ;
  • la fibromyalgie.

La cure thermale est particulièrement prescrite en cas d’échec thérapeutique, d’intolérance médicamenteuse ou de refus de traitements chimiques par le patient.

Enfin, apparaissent de plus en plus des mini-cures pour proposer des moments de repos pour les jeunes mamans ou les personnes souffrant de mal-être au travail, ou du bien-être avec des séjours centrés sur la détente, la diététique, la cosmétique thermale… Bref, à chaque personne sa cure !

Du 19 au 22 janvier 2017, avait lieu le salon de l’eau et du bien-être à Paris, « Les Thermalies ». L’accès y est gratuit sur invitation que vous pouvez obtenir via le site Internet du salon. La manifestation avait lieu également cette année à Lyon.

Vous pouvez aussi consulter le site de l’Afreth (Association française pour la recherche thermale) qui travaille sur l’évaluation du Service Médical Rendu (SMV) des cures.

Puce   Prescription de votre cure
La cure est simplement prescrite par un médecin1, généraliste ou spécialiste (ou un chirurgien-dentiste dans le cas des affections des muqueuses bucco-linguales), sur le formulaire Cerfa n°1139*01. Le formulaire prévoit le cas de figure de plusieurs indications thérapeutiques.

Les soins thermaux sont eux prescrits par le médecin thermal et mis en œuvre dans l’établissement thermal. Le médecin thermal fera un rapport à votre médecin traitant. Il n’est pas obligé de suivre toutes les prescriptions du médecin ayant prescrit la cure.

Votre médecin vous orientera vers un établissement conventionné. Vous pourrez retrouver une liste des lieux de cures et leurs spécialités respectives dans l’Officiel du thermalisme 2017.

Puce   Prise en charge par la Sécurité sociale
Attention ! Seules les affections suivantes sont prises en charge : affections des muqueuses bucco-linguales, affections digestives, psychosomatiques, urinaires, dermatologie, gynécologie, maladies cardio-artérielles, neurologie, phlébologie, rhumatologie, troubles du développement chez l’enfant et troubles des voies respiratoires.

La cure doit durer 18 jours. Si elle est interrompue pour des raisons médicales, elle sera prise en charge.

Pour faire la demande de prise en charge, vous devez envoyer à votre caisse d’Assurance Maladie le formulaire Cerfa n°11139 02*, constitué de deux parties : un questionnaire de prise en charge, rempli par le médecin qui vous prescrit la cure, et une déclaration de ressources, remplie par vos soins (n’oubliez pas de joindre les justificatifs nécessaires).

En réponse à votre demande, votre caisse vous adresse le formulaire Cerfa n°11140 04 intitulé « Prise en charge administrative de cure thermale et facturation », constitué de 3 volets : le volet 1 « honoraires médicaux » à remettre au médecin thermal, le volet 2 « forfait thermal » à remettre à l’établissement de votre cure, le volet 3 « frais de transport et d’hébergement » à adresser à votre caisse au retour de votre cure, dans le cas où vous remplissez les conditions de ressources indiquées ci-dessous.

Votre prise en charge est valable pour l’année civile en cours.

Pour une même affection, vous avez droit à une seule cure par an.

Les frais d’hébergement et de transport sont pris en charge partiellement par la Sécurité sociale sous conditions : vos ressources ne doivent pas dépasser les 14 664,38 euros l’année précédant la cure. Ce plafond est majoré de 50%, soit 7 332,19 euros pour votre conjoint, votre partenaire de Pacs ou pour tout ayant droit à votre charge.

Les frais de transport sont pris en charge à 65% sur la base du billet SNCF aller/retour 2e classe, dans la limite des dépenses réellement engagées, sur présentation d’un justificatif. Les frais de séjour sont remboursés à 65% sur la base d’un forfait fixé à 150 euros.

Quant aux indemnités journalières, les arrêts de travail prescrits ne donnent pas lieu au versement d’indemnités journalières, sauf si vos ressources de l’année précédant votre cure ne dépassent pas un plafond de 39 228 euros (majoré à 50% pour conjoint, pacsé ou ayant droit à charge).

Quelques situations ouvrent le droit à une prise en charge particulière : affection de longue durée, cure liée à un accident ou à une maladie professionnelle, cure avec hospitalisation. Vous trouverez plus de renseignements sur les modalités de prise en charge sur le site de votre caisse maladie.

Qu’attendez-vous pour vous jeter à l’eau ?

 

1 ATTENTION : les contre-indications sont à discuter avec votre médecin. Des affections évolutives, comme un cancer en évolution, une maladie inflammatoire en poussée ou une infection active, doivent être prises en considération. Si vous souffrez d’une insuffisance cardiaque ou respiratoire, votre médecin vous déconseillera peut-être la cure.

 

A propos de l'auteur

Meriem Saïdi

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