Bien-être

L’estime de soi : comment la retrouver ?

Love Yourself
Ecrit par Meriem Saïdi

Vous doutez de vous, vous ne faites pas toujours les bons choix, vous vous sentez vulnérables dans l’adversité…vous n’avez que peu d’estime de vous, mais ce n’est pas irrémédiable! L’estime de soi se construit en agissant sur différentes dimensions de l’existence.

«Avoir confiance en ses désirs, ses qualités, ses aptitudes, est nécessaire pour se construire une bonne estime de soi», selon Serge Hefez*.

L’estime de soi se construit en même temps que se construit la personnalité. Elle se constitue dès l’enfance par le soutien, les encouragements et les félicitations des parents – bref, par un amour inconditionnel. Elle se construit à travers tous les événements marquants de la vie.

Puce Mais de quoi s’agit-il ?

L’estime de soi, c’est le regard que l’on porte sur soi. Il a un impact sur la manière d’être avec nous-mêmes et avec les autres. L’estime de soi est essentielle pour s’épanouir en amour, en amitié, dans la vie professionnelle, ou juste pour être bien dans sa peau. C’est comme un filtre au travers duquel vous regardez toute la réalité.

La famille proche est le premier filtre. Plus tard, les bases de cette estime de soi construites dans la petite enfance seront malmenées par les affres de l’adolescence (les premières amours…). Le détachement parental propre à cette période du développement modifiera parfois mais pas systématiquement l’estime qu’on se porte. C’est là qu’interviennent les personnes en dehors du cercle familial: vos pairs.

Si celle-ci vous fait défaut à l’âge adulte, ne désespérez pas. Elle se construit tout au long de la vie et ce n’est pas un processus linéaire.

Puce Quelques pistes pour retrouver son estime de soi

Ecoutez-vous, écoutez vos émotions

C’est le moyen de cesser d’avoir peur de tout, d’avoir peur de l’échec, de ne pas bien faire. Il faut absolument savoir accepter l’échec. Cioran a dit : « Une seule chose importante : apprendre à être perdant. » Tout ne peut être invariablement positif. Les émotions et les expériences désagréables font parties de la vie. Une bonne estime de soi aide à gérer les aléas de la vie et vous permet de mieux gérer les crises de confiance auxquelles nul n’échappe.

Respectez-vous, acceptez-vous imparfaits

L’ingrédient crucial de l’estime de soi est le respect de soi : vous agissez conformément à ce qui revêt de l’importance à vos yeux. Vous avez une échelle de valeur qui vous permet de faire des choix qui auront un effet positif sur votre estime de soi.

Vous pensez être quelqu’un de bien seulement si vous êtes performants, parfaits physiquement…vous vous trompez. Acceptez et aimez l’imperfection, renoncez à tout vouloir changer. La perfection n’existe pas, mais vous courez après. La réalité ne correspond pas toujours à l’idéal qu’on s’est donné. Nous ne sommes bien sûr pas indifférents à l’évaluation de notre corps et de notre apparence physique. Qui que nous soyons, nous pouvons toujours faire quelque chose pour être « mieux dans notre peau ». On tend vers le mieux d’accord, on ne fait pas des fixations sur ses défauts. Vous vous maltraitez en ne considérant que les défauts. Il faut être vigilant avec les jugements sélectifs : non, vous ne pouvez pas vous réduire à ce nez légèrement empâté ou à cette paupière tombante.

Ayez une image plus globale de vous!

Nous sommes incontestablement dans une société où l’apparence compte plus que jamais, dans une société où le jeunisme fait des dégâts et crée des frustrations. Vous êtes autre chose qu’une silhouette, vous êtes bien plus : une intelligence, une culture, des centres d’intérêt, des projets, des idées, des capacités, des valeurs, des responsabilités, des accomplissements. Vous êtes tout cela et vous ne devez pas l’oublier. Prenez du recul pour avoir une vision d’ensemble de votre personnalité : regardez vos faiblesses et vos forces. Vous apprendrez alors à reconnaître vos qualités.

La baisse de l’estime de soi, c’est comme un miroir déformant : vous vous jugez en déformant la réalité. Pourquoi ne pas lister vos qualités, demandez à votre famille de le faire et à vos amis. Listez aussi vos valeurs (liberté de pensée, respect de l’autre, amour, citoyenneté…). Listez toutes ces petites choses qui vous font du bien : ce qui fait que vous vous sentez bien, utile, intelligent, beau… Identifiez ce que vous aimez faire. C’est à vous d’alimenter votre estime en notant ce qui vous fait du bien. Je ne parle pas de nombrilisme mais d’un retour sur soi indispensable au bien vivre avec les autres.

Affranchissez-vous des comparaisons

Se comparer, c’est nier sa personnalité, ses besoins, ses envies profondes. C’est aussi le risque de se trouver toujours moins bien que les autres. C’est ce que Christophe André* appelle la «folie comparative».

Vous vous sentez plus bête que la moyenne, vous êtes entourés par des gens plus intelligents, plus cultivés que vous, et alors? Vous devez vous réjouir d’être «bien entouré» et ne pas être trop sévère avec vous. Mieux vaut s’inspirer des personnes qui vous entourent que de développer systématiquement un complexe d’infériorité. Dites-vous que vous n’avez peut-être pas toutes les qualités, mais vous en avez.

Muselez vos pensées toxiques et évitez aussi les gens toxiques

Dit comme ça, ça paraît un peu radical : votre critique intérieure prend le dessus, stop! Votre petite voix intérieure vous dit que vous n’êtes pas à la hauteur, que vous n’allez pas y arriver, que …stop! Vous ne vous adressez plus de termes ni à voix haute, ni intérieurement, qui vous dénigrent, vous rabaissent. Aucune étiquette, aucun jugement de valeur abrupte, au risque de déprimer.

Demandez-vous aussi ce que vous pourriez faire là, maintenant, qui vous rendrait heureux sans chercher à décrocher la lune. Soyez dans l’action plutôt que de ressasser toujours les mêmes litanies assassines. «En agissant, on se trompe parfois. En ne faisant rien, on se trompe toujours.»(Romain Rolland).

Vous pouvez réussir, mais aussi rater, et ce n’est pas la fin du monde.

Les paroles assassines viennent aussi des autres…faites le tri entre les personnes qui vous tirent vers le haut et celles qui vous tirent vers le bas. Vous verrez, ça fait du bien et cela resserre aussi les liens qui en valent vraiment la peine.

Pensez du bien de vous et affirmez-vous. Le regard des autres vient renforcer ce qu’on pense de soi dans un sens ou dans l’autre. Si vous vous sentez plutôt bien dans votre peau, vous verrez le positif dans le regard des autres.

Apprenez à vous affirmer sans agressivité.

Relativiser et compartimenter

Une bonne estime de soi ne signifie pas que vous êtes superman ou wonderwoman : ce n’est pas parce que vous vous sentez un peu «nul» au travail en ce moment que toute votre vie (amoureuse, familiale, sociale) va être remise en question. On vous renvoie certes à l’idée que vous n’avez pas à vous plaindre, qu’après tout, tout doit être parfait et pas autrement et qu’aucune place ne doit être laissée à la moindre défaillance (le fameux bon époux, bon ami, bon parent, bon copain, bon voisin et j’en passe); eh bien, non, non et non, l’estime de soi peut être intacte dans un domaine et fragilisée dans un autre. Vous êtes faillible, et alors ? Vous seriez bien le seul à ne pas l’être !

Rien n’est inné : on ne naît pas avec, on construit l’estime de soi et la confiance en soi, toute sa vie, avec la famille, les amis, le travail, les expériences. Ne cessez pas de cultiver l’estime que vous vous portez.

Et puis, soyez réalistes, fixez-vous des objectifs réalisables

La plupart des sujets importants à nos yeux ont tendance à nous faire peur. Pour avancer, nous devons réussir à les confronter, mais cela ne signifie pas qu’on doive les nier. Il faut au contraire en tenir compte en graduant les difficultés et la sélection des défis.

Chercher à réaliser des priorités bien établies aide à améliorer l’estime de soi.

Certaines attitudes sont propices à améliorer l’estime de soi :

  • la persévérance (et pas l’entêtement) qui consiste à persister dans une activité afin d’atteindre le résultat recherché,
  • le droit à l’erreur : l’éducation contribue à ce que l’enfant soit stimulé par la recherche et la découverte plutôt que par la nécessité de trouver la bonne réponse. L’éducation se doit d’être compréhensive envers l’échec et pas punitive. Devenu adulte, la peur de l’échec peut devenir si forte qu’elle vous confine à l’immobilisme ou pire à l’épuisement parce que vous dépensez une énergie folle à vouloir éviter, dissimuler ou éviter d’assumer l’erreur…
  • La capacité de risquer : l’estime se développe en relevant des défis. Vous prenez alors le risque de déplaire, d’échouer…Si vous mettez au-dessus de tout votre sécurité et votre confort, vous perdez autant d’occasions d’enrichir votre estime et celle de vos enfants : développez votre goût pour les essais et la recherche plutôt que de mettre en avant les peurs et les obstacles. Il faut vous faire confiance et accorder aussi votre confiance à vos enfants. Attention, renoncer à surprotéger ne signifie pas prendre des risques inconsidérés.

L’estime de soi se cultive et se mérite : vous pouvez agir continuellement sur cette importante dimension de la qualité de votre existence. Cela peut paraître insurmontable, mais il n’en est rien parce que  vous pouvez vous attaquer à cette tâche par un grand nombre de portes : un défi à relever, le respect de soi,  votre échelle de valeur à définir ou redéfinir, une priorité, l’exercice de votre jugement, de votre esprit critique…prendre soin de votre physique.

Alors ayez confiance en vous! Si toutefois vous avez l’impression que vous n’y arriverez pas, rien ne vous empêche de consulter.

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*Serge Hefez : Responsable de l’unité de thérapie familiale dans le service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent  l’hôpital de la Pitié Salpêtrière de Paris, psychiatre et psychanaliste.

*Christophe André : médecin psychiatre à l’hôpital Saint-Anne, à Paris, il est l’auteur de nombreux ouvrages dont L’estime de soi, s’aimer pour mieux vivre avec les autres (en collaboration avec François Lelord), dont je vous recommande la lecture.

A propos de l'auteur

Meriem Saïdi

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