Bons plans

La maison autonome ou comment vivre d’énergies renouvelables !

énergies renouvelables
Ecrit par Meriem Saïdi

Dans un contexte de réchauffement climatique lié à nos émissions de gaz à effet de serre, et alors que le prix de l’énergie fossile et nucléaire est condamné à augmenter, les projets d’autonomie énergétique apparaissent de plus en plus pertinents.

À l’échelle d’une maison, d’une île, d’un village ou d’un territoire, partout, des citoyens s’engagent dans la voie de la production d’énergies renouvelables, avec des ressources disponibles gratuitement et en abondance.

D’après le Larousse, l’autonomie est la « possibilité de décider, pour un organisme, un individu, sans en référer à un pouvoir central, à une hiérarchie, une autorité ». En matière énergétique, l’autonomie consiste donc à reprendre en main la gouvernance d’un aspect essentiel de votre quotidien.

Votre première source de dépendance est le pétrole, à l’origine de plus de 40% de l’énergie utilisée (principalement dans le secteur du transport). Avec cette ressource, uniquement concentrée dans certains endroits du globe, il est difficile d’envisager une quelconque autonomie.

En deuxième place, l’électricité représente environ le quart de l’énergie consommée en France. Elle est pour les trois quarts d’origine nucléaire. Le pays ne produit plus d’uranium, et ce combustible est donc importé. Malgré cela, l’énergie nucléaire est toujours considérée comme un facteur de notre indépendance dans les bilans énergétiques français.

L’électricité française est présentée comme l’une des moins chères d’Europe, mais son prix est artificiellement bas : il ne tient pas compte du coût élevé du démantèlement des centrales qui arrivent en fin de vie, ni de l’impact des déchets et des mesures de sécurité que cette production nécessite.

Le risque nucléaire dont Fukushima a été la preuve et la dépendance aux hydrocarbures doivent vous inciter à explorer d’autres voies, comme celle des énergies renouvelables.

Penser l’autonomie énergétique nécessite de s’écarter du nucléaire pour se tourner vers les énergies renouvelables, les seules dont les ressources sont locales, gratuites et accessibles à tous, au moins pour ce qui est du soleil, du vent et de la houle. Il n’est pas facile de se faire une place dans un système électrique complexe sur lequel EDF a encore un fort pouvoir, malgré l’ouverture à la concurrence.

Malgré un gros retard sur d’autres pays européens, des initiatives émergent un peu partout. Il faut se positionner loin des postures partisanes et penser pragmatique.

L’autonomie à fleur d’eau

En France, 2 000 petits barrages hydroélectriques sont aujourd’hui à l’abandon, suite à l’hégémonie du nucléaire. Mais, avec l’augmentation inévitable du prix de l’électricité nucléaire et les objectifs en termes d’énergies renouvelables pour les années à venir, ces infrastructures connaissent un regain d’intérêt.

Ercisol, une société à statuts coopératifs, a décidé d’investir dans ces énergies renouvelables de proximité et de réhabiliter plusieurs barrages dans les Vosges, tout en limitant au maximum les contraintes pesant sur l’environnement des rivières. Un seul de ces barrages peut alimenter en électricité un village de quelques centaines d’habitants.

Cependant, la plupart de ces barrages présentent des hauteurs d’eau insuffisantes pour être rentables. La société a entamé des recherches, en partenariat avec l’université de Lorraine, pour mettre au point un prototype de turbine adaptée aux petites chutes d’eau.

Construite au fil de l’eau, la petite hydroélectricité ne demande ni retenue ni vidanges ponctuelles susceptibles de perturber l’hydrologie, la biologie ou la qualité de l’eau.

Lorsque vous choisirez votre lieu de résidence, pensez source d’eau, ruisseau, rivière… et pluviométrie. À l’échelle de votre maison, pour dimensionner une installation énergétique autonome, il convient d’estimer précisément vos habitudes de consommation actuelles. Les questions auxquelles vous devez répondre avant de vous lancer dans un projet d’indépendance énergétique sont les suivantes :

  • Quelle est la puissance de mon compteur électrique ?
  • Est-ce que je dépasse souvent cette consommation, est-ce que le compteur disjoncte souvent ?
  • Quelles sont mes autres sources d’énergie ? Gaz, bois, fuel ?

Pour aller vers l’autonomie énergétique, il vous faudra diminuer votre consommation. C’est à vous de voir de quel appareil énergivore vous pourriez vous passer. C’est à vous de voir s’il n’est pas temps de changer votre lave-linge pour une machine plus performante, plus petite…

Téléphone, appareil photo ou encore GPS… Tous vos produits nomades ont besoin de recharger leur batterie pour être opérationnels. Pour ne jamais tomber en rade, ils sont souvent reliés au secteur et consomment donc de l’électricité. C’est sans compter sur les nouveaux chargeurs à énergies renouvelables… L’achat d’un tel système revient entre 10 et 60 € et le temps de chargement peut être un peu plus long.

Il est possible de se défaire du regard des autres et des injonctions de la société et de faire sans : oui, il est possible de vivre sans télévision (c’est mon cas), sans téléphone (c’est mon cas dès que je quitte Paris), de voiture, et que sais-je encore…

Ce n’est pas un renoncement, mais un choix !

Pour améliorer votre consommation, il vous faudra la « lisser », c’est-à-dire ne pas faire tourner toutes les machines en même temps.

L’autonomie se dore la pilule au soleil

Commencez par installer un chauffe-eau solaire, qui vous coûtera moins cher qu’une installation de panneaux solaires pour toute la maison. Vous verrez au bout d’un an si vous avez de l’eau chaude, donc assez d’ensoleillement. Si, au contraire, vous prenez des douches froides, abandonnez l’idée des panneaux solaires.

Trois solutions :

  • L’énergie solaire photovoltaïque : elle provient de la conversion de la lumière du soleil en électricité au sein de matériaux semi-conducteurs comme le silicium ou recouverts d’une mince couche métallique. L’électricité produite est disponible sous forme d’électricité directe ou stockée en batteries (énergie électrique décentralisée) ou en électricité injectée dans le réseau. Les performances d’une installation photovoltaïque dépendent de l’orientation des panneaux solaires et des zones d’ensoleillement dans lesquelles vous vous trouvez.
  • Le solaire thermique basse température : les rayons du soleil, piégés par des capteurs thermiques vitrés, transmettent leur énergie à des absorbeurs métalliques, lesquels réchauffent un réseau de tuyaux de cuivre où circule un fluide caloporteur. Cet échangeur chauffe à son tour l’eau stockée dans un cumulus. Un chauffe-eau solaire produit de l’eau chaude sanitaire ou du chauffage généralement diffusé par un « plancher solaire direct ». Le crédit d’impôts et les aides des collectivités locales sont particulièrement incitatives.
  • Le solaire thermique haute température : la concentration du rayonnement solaire sur une surface de captage permet d’obtenir de très hautes températures généralement comprises entre 400°C et 1 000°C. La chaleur solaire produit de la vapeur qui alimente une turbine, qui fait tourner un générateur pour produire de l’électricité ; c’est l’héliothermodynamie (fours et cheminées solaires).

Un vent d’autonomie souffle sur nos contrées

Les questions se posent aussi pour l’éolien. Il existe deux types d’éoliennes pour les particuliers. Suivant le terrain où l’éolienne sera installée, l’un ou l’autre sera le plus approprié.

  • Éolienne horizontale

L’éolienne à axe horizontal fonctionne grâce à une hélice placée horizontalement par rapport au sol. Ce modèle d’éolienne est le plus rentable et le plus répandu. À l’heure actuelle, c’est l’éolienne horizontale qui permet la meilleure rentabilité.

L’inconvénient est qu’il faut disposer d’un terrain dégagé, sans voisinage immédiat. En effet, les éoliennes horizontales seront moins performantes s’il y a des turbulences causées par des obstacles (arbres, maisons, etc.) et sont généralement plus bruyantes.

De plus, il vous faudra choisir une éolienne horizontale avec un système fiable de sécurité (arrêt automatique de la rotation des pales, par exemple) en cas de vents violents, sinon gare aux dommages !

  • Éolienne verticale

L’éolienne à axe vertical, peu puissante mais très résistante aux vents forts, se compose d’un axe surmonté d’une roue. L’éolienne verticale est la plus commode à installer et coûte généralement moins cher.

Elle est notamment indiquée pour les zones urbaines. De plus, les éoliennes verticales sont pour la plupart esthétiques, ce qui leur permet de s’intégrer avec harmonie dans le paysage domestique.

L’installation d’une éolienne chez soi requiert certaines démarches préalables. En effet, chaque site est unique et mieux vaut contacter un installateur d’éoliennes agréé afin qu’il puisse juger des possibilités du terrain concerné ainsi que du type d’éolienne adaptée.

Pour savoir ce que la petite éolienne couvrira en besoins d’énergie, il est possible de calculer à l’avance son potentiel éolien et sa consommation d’électricité. La réglementation est très précise concernant les petites éoliennes : pour l’installation d’une éolienne domestique, la zone ne doit pas être protégée ou classée, un permis de construire est obligatoire pour les éoliennes de plus de 12 m et l’accord des voisins est nécessaire.

Un point important : le coût. Comptez pas moins de 2 600 euros et jusqu’à 35 000 euros sans installation. Pour une autosuffisance à moindre coût, il faudra apprendre à la fabriquer vous-même. Je vous conseille un site dédié à l’éolien pour le particulier.

Fabriquer une éolienne, est-ce possible ? Des associations proposent des guides pratiques, des stages ou des chantiers participatifs afin d’apprendre à construire soi-même son éolienne. L’intérêt de la démarche : diffuser ce savoir, réduire les coûts et permettre aux particuliers de réparer eux-mêmes leur installation en cas de problème.

Le bois énergie ou biomasse solide

Le bois est une énergie renouvelable. C’est la principale ressource ligneuse, mais il faut également prendre en compte d’autres matières organiques telles que la paille, les résidus solides des récoltes, les grappes de maïs, la bagasse de la canne à sucre, les grignons d’olives…

En France, comme dans la plupart des pays européens, le prélèvement forestier reste inférieur à l’accroissement naturel de la forêt, le bilan carbone est donc positif. Il existe aujourd’hui des appareils à combustible bois innovants et efficaces à disposition des particuliers.

Pensez à vous installer dans un lieu où se côtoient prairies et forêts. Vous disposerez ainsi de votre propre bois et de la possibilité de faire pousser ce que vous ferez brûler.

Une autre solution d’économie énergétique demeure l’isolation, mais dans certaines maisons anciennes, il faut des décennies pour amortir l’investissement. La maison dite  « passive » a un coût encore élevé.

Vous pouvez également remplacer vos ampoules électriques par des LED.

Une autre source d’économie et d’autonomie est un poêle à bois avec un circulateur d’eau pour chauffer la maison.

Je vous déconseille de couper tout de suite votre compteur EDF car, en cas de reprise, il vous faudra vous acquitter de frais de remise en route, mais aussi faire valider votre installation par un expert pour la mise aux normes, ce qui peut vous coûter cher.

Rares sont les installations autonomes qui arriveront à terme de leur amortissement en état de fonctionner. Par contre, gardez à l’esprit divers facteurs :

  • les prix de l’énergie vont augmenter ;
  • des coupures se produiront ;
  • l’autonomie énergétique est une liberté qui garantit votre indépendance.

Victor Hugo a dit : « Rien n’est plus puissant qu’une idée dont le temps est venu. » L’idée d’une économie et d’une autonomie « verte » est venue. Il ne tient qu’à vous d’y croire et d’agir en conséquence.

Je vous parlerai demain de l’autonomie en eau et en nourriture. Je terminerai sur ces mots : mieux vaut anticiper le changement que de le subir.

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Meriem Saïdi

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