Economie

Prêt pour la nouvelle crise de l’euro ?

Ecrit par Simone Wapler

Se préparer au pire tout en espérant le meilleur, telle a toujours été notre devise. Le pire semble se matérialiser sous nos yeux : Deutsche Bank (DB) coule, Commerzbank prend l’eau. Les assureurs agrippent une bouée de sauvetage législative pour ne pas mourir asphyxiés par les taux bas ou noyés par une remontée des taux.

DB, le monstre teuton des produits dérivés sombre. Bien sûr, son président John Cryan indiquait dans le magazine Bild que tout allait bien. (Si vous voulez vraiment lire l’actualité autrement, je vous conseille L’histoire de la désinformation de Vladimir Volkoff et La Langue des médias : Destruction du langage et fabrication du consentement d’Ingrid Rocrieux).

Deutsche Bank a émis des obligations CoCo. Ce sont des obligations dont le remboursement est soumis à certaines conditions, notamment de fonds propres de la banque. Le cours de ces obligations s’est effondré.

Mais quittons les banques allemandes pour une autre épave en devenir, l’assurance-vie en euro. Comme nous le répétons inlassablement depuis deux ans, les assureurs ne peuvent pas supporter indéfiniment des taux nuls ou négatifs.

Mais personne, ni même les assureurs, ne peut supporter une hausse des taux.

Donc comment faire ? Vite, fabriquons une loi ! La Loi Sapin 2 contient donc des dispositions pour assurer la survie des assureurs qui pourront bloquer les remboursements, et ne seront plus tenus de rembourser l’intégralité du capital versé sur les contrats dits en euro.

Ce que nous prévoyions depuis deux ans a même fait l’éditorial des Echos il y a quelques jours. Sombre satisfaction…

Dette mondiale exprimée

Evidemment, cher lecteur fidèle, rien de tout cela ne doit vous surprendre. Vous êtes préparé.

Mais il nous faut désormais préparer l’étape suivante : la fin de l’euro. Deutsche Bank etCommerzbank sont des banques systémiques. Les contribuables allemands ne les sauveront pas. Ils n’ont jamais été convaincus par le fait qu’on pouvait maquiller une crise d’insolvabilité en baissant les taux et en créant de la fausse monnaie pour racheter des obligations pourries.

L’euro n’y survivra pas.

L’Europe n’est pas l’Italie où le nord paie pour le sud.

Inutile de se voiler la face.

Comment ? Vous n’êtes pas préparé ? Il n’est pas trop tard. Tout est ici.

A propos de l'auteur

Simone Wapler

Rédactrice en Chef de L'Investisseur Or et Matières et de La Stratégie de Simone Wapler
Ingénieur de formation, Simone Wapler a quitté depuis plus de 13 ans le secteur de l'ingénierie aéronautique pour se concentrer sur les marchés boursiers. En 2001, elle entre aux Publications Agora -- groupe de presse et d'édition spécialisé dans la recherche et les conseils financiers – dont elle prend la direction éditoriale en 2011. Son expertise sert aujourd'hui, non pas la cause des multinationales ou des banquiers, mais celle des particuliers.
La force de Simone Wapler, c'est son indépendance. Attention, elle n'est pas pour autant isolée, elle reste connectée en permanence à un réseau de spécialistes iconoclastes unique au monde : Agora Inc. Mais Simone ne se contente pas comme beaucoup de collecter les informations officielles et de les relayer... Non, elle va au charbon -- et utilise sa puissance d'analyse pour décrypter elle-même l'actualité, chiffres à l'appui, afin d'apporter une véritable plus-value d'information à ses lecteurs, sous une forme simple et sans jargon.
C'est simple, elle a été parmi les premiers à s'intéresser à l'or et à prédire sa hausse continue. Elle a mis en garde le grand public -- bien avant la presse généraliste -- de l'explosion de la bulle internet en 2000... des dérèglements financiers mondiaux de l'après 11 septembre 2001... de la bulle des junk bonds de 2001... de la bulle immobilière américaine en 2007... de la crise des dettes souveraines dès fin 2009...
Plus récemment encore, elle a averti ses lecteurs du risque pesant sur les obligations grecques, espagnoles ou portugaises – ou sur de nombreux placements autrefois sûrs, et désormais à fuir. Elle n'a pas attendu pour cela la dégradation des notes souveraines de ces Etats ou encore celle, en juin 2012, de grandes banques comme la Société Générale ou BNP Paribas.
Simone Wapler travaille tous les jours pour vous permettre d'avoir un temps d'avance sur les autres et vous aider à protéger votre capital contre les dangers qui le menacent.
Elle est également rédactrice en chef de L'Investisseur Or et Matières et de La Stratégie de Simone Wapler.

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