Santé

Le printemps pointe le bout de son nez, les allergies aussi

allergie pollen
Ecrit par Meriem Saïdi

Cinq signes font suspecter une rhinite allergique (autrement dit, un rhume des foins). Des signes que vous pouvez retenir avec le mot PAREO :

  • P comme prurit (démangeaisons des yeux, du nez et même du palais) ;
  • A comme anosmie (perte de l’odorat) ;
  • R comme rhinorrhée (écoulement nasal clair) ;
  • E comme éternuements ;
  • O comme obstruction nasale (nez bouché).

La plus répandue est l’allergie aux graminées : c’est le fameux « rhume des foins », qui regroupe les allergies aux céréales (comme le blé) et aux mauvaises herbes (comme le foin). Mais certains pollens, comme les pollens d’arbres, sont trompeurs car ils sévissent aussi en période hivernale. Ils sont, eux aussi, la cause de rhinites allergiques, qui sont souvent considérées à tort d’origine virale.

Vous pouvez faire le plein de mouchoirs !

Comme le souligne le Réseau national de surveillance aérobiologique (RNSA), « le temps doux et ensoleillé est favorable aux pollens qui sont libérés en grande quantité ». Ce réseau met à disposition sur son site un guide d’information sur les principaux pollens allergisants du printemps, en ville et à la campagne.

Le traitement de l’allergie passe d’abord par l’éloignement des substances allergisantes, lorsque cela est possible.

Puce   Les bons réflexes à adopter !

  1. Informez-vous sur les taux de pollens tous les jours. Le meilleur moyen de réduire les symptômes de l’allergie est d’éviter les agents qui la déclenchent. Mais fuir des pollens n’est pas une mince affaire au printemps, car ils circulent dans l’air et nous les respirons même si nous ne sommes pas en contact direct avec eux. Le site de référence est celui du RNSA.
  2. Portez des lunettes. Les jours de vent ou de pics de pollinisation, sortez vos lunettes à défaut de ne pas sortir du tout. Pour calmer les démangeaisons et les rougeurs des yeux, je n’ai rien trouvé de mieux que de poser des compresses d’eau froide une fois à la maison, surtout après une balade en forêt. Vous pouvez aussi porter un masque.
  3. Changez souvent de vêtements. Ôtez-les en rentrant chez vous, lavez-les et prenez une douche. Utilisez du sérum physiologique pour le nez.
  4. Aérez tôt le matin. Vous limiterez les pollens, la pollution et vous limiterez le problème des acariens.
  5. Évitez d’entasser les bibelots et les livres. Dépoussiérez bien, idéalement avec un linge humide : la poussière qui vole pour se poser un peu plus loin, ce n’est pas terrible… Passez l’aspirateur fenêtres ouvertes et adoptez les filtres anti-acariens (HEPA).
  6. Évitez l’accumulation de coussins, de doubles rideaux épais, de tapis… Adoptez les housses spéciales pour les matelas, couettes et coussins. C’est un bon investissement pour éviter les produits anti-acariens toxiques.
  7. Investissez dans un déshumidificateur et/ou un purificateur d’air. Les acariens aiment l’humidité, les pollens sont très volatiles.
  8. Adoptez un filtre anti pollen dans votre voiture.
  9. Lavez-vous les cheveux avant de dormir. Vous éviterez de déposer plein de pollens sur votre oreiller.

Puce   Des traitements médicaux en constante évolution

  1. Les antihistaminiques H1 bloquent la production d’histamine : Claritin, Allerga, Zyrtec, Actifed, Primalan… Gélules, comprimés, solutions buvables, ils se prennent tous les jours jusqu’à la disparition des symptômes. Certains sont accessibles sans ordonnance, mais avec des contre-indications et des effets secondaires, donc lisez bien les notices.
  2. La désensibilisation, c’est la seule solution reconnue comme efficace et durable. Plus besoin de subir des piqûres et les risques d’une réaction violente. La désensibilisation est destinée aux personnes dont les allergies persistent malgré les antihistaminiques. Elle peut diminuer les risques de nouvelles allergies, voire les éliminer, et elle réduit le risque d’évolution vers l’asthme. Le nouveau mode d’administration, en comprimés, est plus confortable que les gouttes sublinguales. Parlez-en à votre allergologue.
  3. Le traitement symptomatique est constitué d’anti-inflammatoires locaux (solution nasale, collyre), éventuellement de corticoïdes, de bronchodilatateurs en cas de gêne respiratoire, et dans les cas extrêmes (choc anaphylactique), d’adrénaline dans un « stylo » (seringue comprenant une dose auto-injectable).

Les vaporisateurs ou les doses de sérum physiologique utilisés pour l’hygiène du nez permettent d’humidifier les muqueuses. Cependant, une étude a récemment montré que certains de ces produits renfermaient un conservateur susceptible d’irriter les sinus (1).

Mon arme de destruction massive des rhinites allergiques, c’est l’homéopathie. Au premier symptôme, je prends Rhinallergy (comprimés à sucer), prescrit quand le rhume des foins s’accompagne des yeux rouges… et ça marche ! Pour le rhume des foins seul, il y a Lergypax (comprimés à laisser fondre sous la langue à distance des repas). Pour finir, la solution nasale à pulvériser Gencydo peut s’utiliser à distance du lavage nasal.

Puce   La cure thermale et ses combinaisons de soins novateurs

Des stations thermales ont même des maisons d’enfants. Ces dernières fonctionnent alors comme des colonies de vacances, avec en plus des soins thermaux. Ces structures permettent aux jeunes enfants de rencontrer d’autres petits malades et de bénéficier d’un encadrement spécialisé. Les autres stations proposent des cures dans lesquelles l’enfant est accompagné de ses parents.

Il n’y a pas de guérison miraculeuse. Deux cures sont généralement préconisées pour voir des effets à plus long terme. Consultez le site de la chaîne thermale du soleil.

Puce   Les alternatives naturelles gagnent du terrain !

  1. Le ginkgo biloba aiderait également à lutter contre les allergies. Vous pouvez en prendre jusqu’à 240 mg par jour sous forme de gélules. N’en prenez pas si vous êtes enceinte, épileptique sous anticoagulants ou tout prêt d’une opération chirurgicale. C’est un fluidifiant. Si des troubles intestinaux apparaissent, stoppez ou diminuez la posologie. Adressez-vous à un naturopathe car, même si cette plante est utilisée depuis 4 000 ans en médecine chinoise, cela reste une plante, elle peut donc être allergisante.
  2. La quercétine, pigment qui donne sa couleur au raisin noir et au thé vert, bloque la production d’histamine. Vous la trouverez sous forme de gélules et la dose prescrite avoisine les 500 mg deux fois par jour.
  3. Les rinçages salins : vous pouvez les utiliser jusqu’à six fois par jour. Je vous conseille de faire votre propre solution saline à la maison (2). Assurez-vous que l’eau a été soigneusement bouillie pour éliminer le risque d’une infection (rare) du cerveau causée par une amibe présente parfois dans l’eau du robinet.
  4. Les oméga 3 aident l’organisme à se défendre contre les inflammations en général, et peuvent par conséquent atténuer les réactions inflammatoires associées à l’allergie.
  5. Ce remède a été testé avec succès par l’armée américaine. Il consiste à consommer du miel produit dans sa région d’habitation, voire, si possible, également les rayons comprenant les alvéoles de cire. En mangeant ainsi le miel fabriqué par les abeilles de son environnement, on pourrait parvenir à se désensibiliser aux pollens locaux. Commencez deux mois avant la période à laquelle vous souffrez le plus du rhume des foins, avalez deux cuillerées à soupe de miel par jour et mâchez la cire pendant 5 à 10 minutes. Poursuivez cette cure jusqu’à la fin de la période critique.

Puce   Une combinaison de probiotiques pour en venir à bout

Les allergologues ont une nouvelle arme : le microbiote. La combinaison de lactobacilles et bifidobactéries, vendue sous le nom de Kyo-Dophilus, contribue au maintien de la santé digestive et au bon fonctionnement du système immunitaire. La prise de ces probiotiques permettrait d’augmenter la tolérance aux symptômes du rhume des foins. Ces probiotiques s’avèrent être une alternative prometteuse. Cela vaut la peine d’essayer. Depuis que j’en prends, j’ai constaté une diminution de l’intensité des symptômes.

Je ne peux pas vivre les fenêtres fermées, j’aime sentir l’air passer dans l’habitacle de la voiture quand je pars à la campagne, je ne veux pas sauter sur mon antihistaminique avant même que le printemps n’arrive… mais j »ai des housses anti-acariens, j’entretiens ma maison, la voiture, je privilégie les séjours au bord de la mer, je soigne mon alimentation et j’adore le miel !

Ce que je veux dire, c’est que personne n’est parfait… A moins de souffrir d’asthme, vous appliquerez les recommandations et essayerez les solutions qui correspondent le plus à votre mode de vie et de pensée. A vous donc de choisir telle ou telle méthode, et d’agir. Vous trouverez comme moi le truc qui vous soulage voire même vous guérit.

Des applications « allergies 2.0 » sont disponibles pour vous aider à suivre l’évolution des pollens et de votre allergie. Cela fera l’objet d’un prochain article, une fois que je les aurai toutes testées.

(1) Une alternative, cette fois vendue en magasin : les gouttes anti-allergie en vente libre, comme Opticrom, valent l’essai. Ces produits contiennent un antihistaminique ou un médicament qui empêche certaines cellules immunitaires de libérer des agents chimiques provoquant les symptômes. Il faut noter, cependant, que contrairement à leurs équivalents sur ordonnance, les gouttes en vente libre contiennent souvent un décongestionnant qui diminue la rougeur des yeux, mais peut entraîner une « rougeur de rebond » quand on cesse de les utiliser. Si cela vous inquiète, demandez à votre médecin de vous prescrire un médicament.

(2) Il vous suffit de dissoudre une demi-cuillerée à café de sel dans 250 ml d’eau chaude. Remplissez ensuite de ce liquide une poire en caoutchouc ou une petite seringue prévue à cet effet et injectez-le doucement dans chaque narine, en vous penchant au-dessus d’un lavabo.

Pour aller plus loin :
Asthme et Allergies, 100 questions/réponses (éd. Ellipses), écrit par un allergologue et pneumologue du CHU de Nantes, le docteur Antoine Magna. L’asthme touche quatre millions de Français. Ce médecin aborde toute les situations de vie afin d’en améliorer la qualité (travail, école, voyage, traitement…).

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Meriem Saïdi

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