Politique

Sinistre actualité

Ecrit par Bill Bonner

Tous nos remerciements à nos amis et lecteurs qui ont pris de nos nouvelles ces derniers jours. Il se trouve qu’ils ont appris la nouvelle des massacres à Paris avant même que nous soyons au courant. Nous avions déjà quitté la ville lorsque les terroristes ont attaqué et nous n’avons rien su avant de vérifier ce que faisaient les marchés. « Les attentats à Paris » ont été accusés d’avoir causé une chute de 202 points du Dow, avons-nous découvert. Plus tard, nous avons lu plus de détails. La Guerre contre la Terreur est dans sa douzième année. Il n’y a pas signe de victoire — ni d’un côté ni de l’autre. Aujourd’hui, nous voyons se dérouler un schéma désormais familier.

Le nombre de morts grimpe. Les drapeaux sont en berne. La fièvre monte. « La guerre, c’est la santé de l’Etat », écrivait Randolph Bourne.

Aujourd’hui, les épaules françaises s’affaissent, les coeurs sont lourds.

Mais les autorités françaises se sont rarement senties aussi bien : la France est en guerre.

La dernière fois que François Hollande a fait d’aussi gros titres à l’étranger, c’est lorsqu’il s’est glissé hors du palais présidentiel en scooter pour aller rendre visite à sa maîtresse. Le voilà désormais en mesure de prendre une attitude plus martiale, annonçant une guerre « impitoyable » contre les terroristes. Paris a été verrouillé. Les frontières ont été sécurisées (quand bien même l’un des terroristes a réussi à passer en Belgique). Puis on a fait décoller les avions de chasse pour les envoyer bombarder Raqqa, d’où le massacre aurait été planifié. En termes de massacres, le Bataclan était une « petite affaire ».

Le massacre de My Lai, au Vietnam, a fait plus de 350 morts — hommes, femmes et enfants (son principal instigateur, le lieutenant William Calley, a passé trois ans et demi assigné à résidence pour son rôle. A présent, il vit confortablement — apparemment peu troublé par ses crimes — à Atlanta).

Les Soviétiques ont massacré 22 000 Polonais à Katyn… soi-disant pour éliminer les « intellectuels » qui pourraient s’opposer à eux.

Les nazis ont massacré 642 Français à Oradour-sur-Glane en 1944 — pour une raison qui n’a jamais été précisément définie.

La nuit de la Saint Barthélémy, durant laquelle les catholiques ont massacré des protestants, s’est soldée par plus de 5 000 cadavres (le pape Grégoire VIII en fut ravi ; il fit peindre des fresques dans la Sala Regina, au Vatican, commémorant ce grand événement. Cette salle est désormais fermée au public).

Qu’est-ce qui pousse des gens à en massacrer d’autres ?

Qu’est-ce qui déclenche de tels événements ?

L’envie, la haine, la crainte — les basses émotions habituelles ? Le massacre de My Lay, selon les psychologues, est dû à une « crainte prolongée » — qui a fait craquer les soldats américains.

La violence catholique envers les protestants était partie intégrante des guerres de religion qui ont bouleversé l’Europe au XVIe siècle.

Mais la foule parisienne avait été échauffée, selon certains récits, par des circonstances particulières. Les récoltes avaient été mauvaises. Les impôts étaient lourds. Et là, sous leurs yeux, se tenaient de riches protestants somptueusement vêtus qui venaient célébrer le mariage de Marguerite, soeur de Charles IX, à Henri de Navarre, un protestant. Notre dicton : les gens sont parfois mauvais, parfois bons — mais toujours soumis à influence.

La guerre, pour autant que nous puissions en juger, est toujours une influence dangereuse.

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Bill Bonner

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