Politique Vie privée

La société sans cash est une étape de plus vers l’économie totalitaire

Ecrit par Bill Bonner

Cher Lecteur,

Qu’ont fait les Grecs les plus endormis, ceux qui avaient oublié de retirer leur argent durant les laborieux pourparlers ?

Ils ont fait la queue devant les distributeurs automatiques… Le 27 juin, la plupart des distributeurs étaient vides et le dimanche 28 juin, le cash devenait inaccessible si l’on en croit les nombreux messages avec photos postées sur Twitter.

Il faut du cash pour se nourrir, pour faire un plein d’essence, pour assurer ses dépenses courantes.

Libre d'agir - Parce qu'on est ce que l'on fait Question : comment feriez-vous dans de telles circonstances en supposant que le cash n’existe plus ?

Cette question est loin d’être saugrenue ou purement théorique car, insidieusement, l’establishment politico-financier met en place sous notre nez cette société sans cash.

Donc, comment vous débrouillez-vous quand aucun système de paiement ne subsiste ?

Dans une petite société, une île ou une campagne, le troc se met en place. Les gens se connaissent depuis des années et la fraternité et l’entraide jouent. Mais dans une société urbaine, dépendante de circuits de distribution sophistiqués, où l’anonymat est souvent la règle, la vie courante va vite devenir très compliquée…

Et pourtant…

Libre d'agir - Parce qu'on est ce que l'on fait Instaurer une société sans cash fait rêver les banques et les étatistes

  • La société sans cash permet aux banques d’éviter toute menace de bank-run, de retrait massif des dépôts. Dans le système de réserves fractionnaires dans lequel nous vivons, les banques sont incapables de rembourser tous les dépôts simultanément et encore plus incapables de les rembourser en cash.
  • La société sans cash permet à un Etat de contrôler toutes les transactions, même les plus anodines comme l’achat de confiseries par un enfant.
La société sans cash sera notre cauchemar car elle nous fait dériver vers une économie totalitaire contrôlée par les banques et l’administration.

La menace du bank run est le seul pouvoir de contrôle que nous, citoyens, puissions avoir sur les banques.

Nous pouvons mettre un fonctionnaire derrière chaque employé de banque, des milliers de régulateurs payés par nos impôts pour élaborer des stress-tests… à quoi cela sert-il si c’est pour « sauver » des monstres TOO BIG TO FAIL (trop gros pour faire faillite) avec l’argent du contribuable ?

Quant à l’administration, quel formidable pouvoir qu’un fonctionnaire habilité puisse, par clavier interposé, vous couper de votre argent ! Evidemment, les étatistes plaident que c’est merveilleux puisqu’ainsi, nul ne peut échapper à l’impôt. Le système est étanche et donc totalitaire. Car l’impôt librement débattu et voté par une Assemblée légitimement élue est une chose, mais la taxation arbitraire pour satisfaire tel ou tel lobby est tout autre chose.

Libre d'agir - Parce qu'on est ce que l'on fait Observez bien ce qui se passe en Grèce…

Et dites-vous bien que, lorsque la France sera dans la même situation, vous n’aurez peut-être même pas la chance de pouvoir survivre en espèces si vous avez laissé se mettre en place la société sans cash, promue par les étatistes et le lobby bancaire.

Ne pensez pas que notre pays soit financièrement dans une situation beaucoup plus saine que celle de la Grèce. Notre balance commerciale est négative, nous importons plus que nous exportons depuis plus de 10 ans ; notre dette publique pulvérise record sur record ; nos déficits servent à financer notre politique sociale exsangue. Au premier trimestre 2015, notre dette publique a augmenté de 51,6 milliards d’euros, dont 15,8 milliards d’euros pour les administrations de sécurité sociale…

Maintenant un peu d’arithmétique.

Libre d'agir - Parce qu'on est ce que l'on fait Si au lieu d’emprunter en moyenne à 2%, la France emprunte en moyenne à 3%

Une information cruciale figure (de façon erronée) dans Le Figaro du 1er juillet : les calculs de l’Agence France Trésor (les énarques, inspecteurs des finances qui casent notre dette) sur l’effet de la montée des taux d’intérêt sur la charge de notre dette.

Une hausse de 100 points (100 points = 1% donc si le taux était de 2%, il passe à 3%) de tous les taux entraînerait :

  • 2,4 milliards d’euros de charges d’intérêts supplémentaires en 2015 ;
  • 5,3 milliards d’euros en 2016 ;
  • 7,4 milliards d’euros en 2017 ;

En 2014 :

  • l’impôt sur le revenu rapportait 74 milliards d’euros ;
  • l’impôt sur les sociétés rapportait 39 milliards d’euros ;
  • la TVA rapportait 139 milliards d’euros ;
  • le service de la dette (le paiement des intérêts puisque nous ne remboursons jamais mais que nous empruntons à nouveau pour rembourser ce qui vient à échéance) se montait à 46,65 milliards d’euros.

Si au lieu d’emprunter en moyenne à 2%, la France emprunte en moyenne à 3%, presque la moitié de la recette de la TVA ou presque la totalité de l’impôt sur le revenu passera dans le paiement de supplément d’intérêts.

Donc il va falloir augmenter tous les impôts et passer en mode confiscation pour affronter la hausse des taux ; c’est chose aisée dans une société sans cash.

Si vous voulez résister, vous pouvez signer notre pétition contre cette société sans cash qui se profile.

La deuxième solution consisterait à faire faillite, vite et proprement (pas comme la Grèce), tant qu’il nous reste suffisamment d’argent et d’énergie pour rebondir et effacer un demi-siècle de gestion étatique désastreuse.

J’avoue que je préférerai la seconde solution. Mais compte tenu de la prépondérance des étatistes de tous bords dans ce pays, dont 70% de l’économie tourne avec le secteur public, il ne faut pas trop compter là-dessus.

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Bill Bonner

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