Argent

Spécial Bitcoin : Monopole de la monnaie VERSUS liberté des cryptomonnaies

bitcoin
Ecrit par Simone Wapler

Je suis cruelle…

J’adore quand les grands planificateurs et les doctes économistes qui les guident se prennent les pieds dans le tapis. J’adore quand leurs théories mises à mal par les faits s’avèrent fumeuses.

N’importe quel monétariste et n’importe quel lycéen ayant absorbé ses manuels indigestes d’économie bien-pensante vous diraient :

  • la Fed remonte son taux directeur, donc le crédit en dollar sera moins abondant et ce qui est rare devient plus cher ;
  • la Banque centrale européenne ne remonte pas son taux directeur et fait toujours surgir 40 Mds€ de crédit gratuit tous les mois. Ce qui est abondant baisse de prix ;
  • donc le dollar va remonter et l’euro baisser et roule ma poule.

Patatras, c’est l’inverse qui se produit ! L’euro monte, le dollar baisse…

Évolution de la parité euro-dollar depuis le début de l’année

Pour agrandir le graphique, cliquez dessus.

Nos banquiers centraux et nos doctes économistes ont-ils une idée, une explication ?

Ils ont tellement distordu la monnaie et le crédit que j’en doute. Je doute qu’ils comprennent ce qu’ils font réellement.

Les taux négatifs sont une insulte au bon sens, à l’épargne et à la civilisation

Les gouvernements, les grands planificateurs et les économistes s’accordent sur deux choses (stupides) :

  • la monnaie doit être un monopole d’État et sa quantité doit être pilotée par eux et selon leurs principes ;
  • la monnaie n’a pas besoin d’être physique, ni réservoir de valeur en soi. Un taux d’intérêt sur une dette d’État suffit à assurer la fonction réservoir de valeur.

Le problème d’un gouvernement tient à une maladie congénitale : une tendance à grossir. Dépenses, taxations, subventions, redistributions et toujours plus…

La monnaie-crédit – qui existe essentiellement sous forme d’inscription dans une mémoire informatique – donne aux gouvernements l’illusion que l’argent est disponible en quantité illimitée.

Nos gouvernements modernes ne rognent plus les pièces ou n’impriment plus de billets en masse pour faire surgir l’impôt-inflation. Les banquiers centraux se contentent d’émettre du crédit gratuit et de le distribuer à leurs amis au travers du réseau des banques commerciales.

Les moyens sont modernes, mais les ficelles sont vieilles.

Il y a quand-même un revers à cette médaille car nous vivons dans un monde cruel où l’argent gratuit n’existe pas.

  • Qui dit crédit dit dette.
  • Qui dit crédit infini dit dette infinie.
  • Qui dit dette infinie dit situation inhumaine. Le bipède n’est pas taillé pour l’éternité, il est mortel.

Nous sommes actuellement dans cette situation de dette infinie, c’est pour cela qu’il faut des taux bas et plus bas que bas.

Certains ont très bien vu le danger et ne veulent pas devenir esclaves de la dette. D’où le succès des cybermonnaies.

Les « cybermonnaies » : un défi incontrôlable du monopole ?

Ceux de la vieille école (les vieux schnocks) prônent le retour à la relique barbare : l’or (et l’argent). Même si les gouvernements et banquiers centraux ne veulent plus lier la quantité de monnaie à une réserve de valeur en métaux précieux, rien n’empêche le bipède conservateur de stocker de la valeur dans l’or (ou l’argent) physique. Enfin… rien sauf la législation et la taxation souvent punitives et dissuasives…

Ceux de la nouvelle école ont créé la « cybermonnaie ». Bitcoin, etherum, ces nouvelles venues se multiplient comme des petits pains.

[NDLR : Pour comprendre comment les cybermonnaies peuvent vous être utiles et savoir comment vous en procurer, c’est ici.]

Le fait qu’un ou des réseaux de transactions fiables, sécurisés, décentralisés, échappant à tout contrôle des États existent, est une terrible menace pour le monopole monétaire de ces derniers.

Si, par exemple, la société sans cash était autoritairement imposée, beaucoup de gens iraient contracter leurs transactions sur ces réseaux en cas de menace de taxation arbitraire.
La réponse à la menace totalitaire de la société sans cash est là, sous nos yeux, dans les cybermonnaies.

Reste que les « cybermonnaies » ne sont pas aujourd’hui des monnaies au sens propre. Les « cybermonnaies » sont simplement un réseau de transactions comme celui de Visa.

Et encore, elles n’ont pas atteint le statut de « convention sociale » qui était une des caractéristiques monétaires définie par Platon. Votre boulangère, votre voisin, votre opérateur téléphonique, Amazon ou votre marchand de journaux n’acceptent pas encore de bitcoin ou d’etherum. Ils prennent des euros et se moquent de savoir ce que Mario Draghi bricole avec ses 60 Mds€ de crédit gratuit tous les mois.

Notez que la convention sociale repose sur la confiance en la monnaie qui n’a intrinsèquement aucune valeur.

Même en accédant au statut de « convention sociale », les cybermonnaies n’auront jamais le statut de monnaie au sens d’Aristote ou encore des économistes de l’école autrichienne, c’est-à-dire de « monnaie marchandise ». On pourrait aussi dire « monnaie actif tangible », bref une monnaie qui dispose d’une valeur intrinsèque.

Une « monnaie marchandise » n’a besoin de nulle contrepartie pour exister, ni de réseau opérationnel. Elle se contente d’exister. Elle se moque de la dette. Elle la nargue. Elle permet d’échanger « quelque chose contre autre chose » et non pas « quelque chose contre une promesse de payer un jour ».

Rêvassons un peu…

Imaginons l’association d’un vaste réseau international de transaction, décentralisé et échappant au contrôle de l’État.

Car il n’y a aucune raison, raisonnable, objective et rationnelle, bref aucune bonne raison, pour que le monopole de Google soit « méchant et vilain », mais que le monopole de la monnaie soit « bon et gentil ».

Imaginons donc des négociants en or et métaux précieux acceptant des paiements en unités de compte au travers de ces réseaux.

Une alliance entre le plus ancien et le plus moderne, en quelque sorte. Vieux schnocks et geeks-techies la main dans la main, et oui, osons le mot : solidaires !

Qu’avons-nous alors ?

Une monnaie-marchandise LIBRE… le meilleur des deux mondes !

L’État pourra nous taxer, mais il devra le faire honnêtement et non plus sournoisement en prenant notre argent en otage et en exigeant sa rançon à chaque transaction ou en taxant les gens qui ne sont pas encore nés jusqu’à leur septième réincarnation.

[Le Bitcoin est-il le nouvel or ? Comment profiter de cet « or numérique » ? Réponses ici…]

A propos de l'auteur

Simone Wapler

Rédactrice en Chef de L'Investisseur Or et Matières et de La Stratégie de Simone Wapler
Ingénieur de formation, Simone Wapler a quitté depuis plus de 13 ans le secteur de l'ingénierie aéronautique pour se concentrer sur les marchés boursiers. En 2001, elle entre aux Publications Agora -- groupe de presse et d'édition spécialisé dans la recherche et les conseils financiers – dont elle prend la direction éditoriale en 2011. Son expertise sert aujourd'hui, non pas la cause des multinationales ou des banquiers, mais celle des particuliers.
La force de Simone Wapler, c'est son indépendance. Attention, elle n'est pas pour autant isolée, elle reste connectée en permanence à un réseau de spécialistes iconoclastes unique au monde : Agora Inc. Mais Simone ne se contente pas comme beaucoup de collecter les informations officielles et de les relayer... Non, elle va au charbon -- et utilise sa puissance d'analyse pour décrypter elle-même l'actualité, chiffres à l'appui, afin d'apporter une véritable plus-value d'information à ses lecteurs, sous une forme simple et sans jargon.
C'est simple, elle a été parmi les premiers à s'intéresser à l'or et à prédire sa hausse continue. Elle a mis en garde le grand public -- bien avant la presse généraliste -- de l'explosion de la bulle internet en 2000... des dérèglements financiers mondiaux de l'après 11 septembre 2001... de la bulle des junk bonds de 2001... de la bulle immobilière américaine en 2007... de la crise des dettes souveraines dès fin 2009...
Plus récemment encore, elle a averti ses lecteurs du risque pesant sur les obligations grecques, espagnoles ou portugaises – ou sur de nombreux placements autrefois sûrs, et désormais à fuir. Elle n'a pas attendu pour cela la dégradation des notes souveraines de ces Etats ou encore celle, en juin 2012, de grandes banques comme la Société Générale ou BNP Paribas.
Simone Wapler travaille tous les jours pour vous permettre d'avoir un temps d'avance sur les autres et vous aider à protéger votre capital contre les dangers qui le menacent.
Elle est également rédactrice en chef de L'Investisseur Or et Matières et de La Stratégie de Simone Wapler.

1 Commentaire

  • technicien de formation en mécanique, je ne connaissais rien à la finance aujourd’hui je consulte tous les jours mes messsages, et vos propos coinsident avec ceux d’un oncle , il aurait aujourd’hui 120 ans un adepte de l’or.
    Mille fois mercis.

Laissez un commentaire