Bien-être

Travail : trouver son rythme et l’imposer

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Ecrit par Meriem Saïdi

Selon une étude menée par la Confédération française démocratique du travail (CFDT), plus de la moitié des Français se disent autonomes et heureux au travail, mais se plaignent d’être surchargés.

Ils sont 51% à estimer que leur charge de travail est trop importante et 58% disent ne pas avoir le temps de faire leur travail correctement. Par ailleurs, 74% aimeraient avoir plus d’autonomie dans leurs décisions. Ils sont même 60% à estimer passer plus de temps à rendre des comptes qu’à travailler.

Puce   Le rythme au travail change…

  • Avec les freelancer, les consultants, les travailleurs du web… Lorsque vous avez une expérience sans un patron sur le dos, vous réalisez vite que ce n’est pas de se connecter de 9h à 18h qui compte, mais de faire le job. L’objectif devient le travail.
  • Avec les temps partiels qui se multiplient… Ce n’est plus exclusivement un phénomène féminin. Fini, le temps où seules les femmes négociaient des réductions de leur temps de travail. Désormais, les hommes aussi réclament un équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Le fameux quatre cinquième que beaucoup « choisissent » aboutit souvent à la chose suivante : accomplir désormais en quatre jours ce que vous faisiez auparavant en cinq jours . Vous suivez vos dossiers le mercredi en consultant vos mails après avoir emmené la cadette à la danse et l’aîné au médecin…

Puce   Vous avez pensé à appuyer sur le bouton pause ?

Chacun a un rythme biologique qui lui est propre. Cela influence votre façon de penser, d’être au monde, d’agir et vos relations avec l’autre. Il s’agit d’accorder votre rythme de travail avec votre rythme biologique et de trouver une organisation qui convient au cerveau humain.

Le plus difficile est de synchroniser ces deux rythmes. Vous travaillez de plus en plus en mode « multitâche », dans l’urgence et dans des horaires instables qui mêlent vie professionnelle et personnelle. La pression économique est forte (en faire plus en moins de temps), l’exigence de réactivité est augmentée par l’outil numérique qui ne vous laisse aucun répit.

Vous vous laissez déborder, vous ne savez plus où donner de la tête, tout s’accélère ! Le résultat est la dispersion de votre énergie avec comme effet l’alternance de moments d’agitation et d’inaction à la limite de l’abandon…

L’aménagement du temps de travail, qu’il soit choisi ou imposé, coïncide encore trop rarement avec notre rythme biologique. Le non-respect des bons rythmes de sommeil et d’activité est source de fatigue chronique, de stress et de nombreuses maladies organiques. C’est le burn out assuré.

Quand le professionnel envahit le personnel, le blurring vous guette…

La vie de famille, les loisirs sont des moments privilégiés auxquels vous ne désirez pas renoncer et vous avez raison ! Le véritable souci est que la frontière entre le professionnel et le personnel devient floue, beaucoup trop floue.

75% des Français équipés d’appareils mobiles professionnels travaillent pendant leur temps libre selon une enquête de PageGroup, spécialiste du recrutement et de l’intérim spécialisés. La réelle porosité entre la sphère privée et la sphère professionnelle vous inquiète. Feriez-vous partie des trois salariés sur quatre qui restent connectés hors temps de travail ? Voici venu le temps du blurring !

Il est temps de prendre au sérieux les rythmes de travail au même titre que les rythmes scolaires toujours débattus autant pour le bien-être que pour l’efficacité de chacun d’entre vous.

Puce   N’attendez pas d’être submergé : agissez !

Il faut absolument (re)trouver le bon tempo, accorder votre rythme de travail avec votre rythme biologique et trouver une organisation qui convient au cerveau humain.

Posez-vous ces questions : comment puis-je intégrer dans mon rythme naturel un rythme qui m’est imposé ? Comment puis-je juger du bon rythme ?

Il faut absolument mettre de l’ordre dans tout cela. Il vous faut retrouver vos marques, adopter votre rythme, le faire respecter voire l’imposer.

C’est possible au moyen de quelques règles simples.

Règle numéro 1 : séquencer ses activités

Commencez par vous donner les moyens matériels de vous concentrer sur de courtes périodes de travail : un bureau rangé, une pièce à la porte fermée, coupez votre téléphone et cessez de consulter vos mails toutes les deux minutes. C’est déjà un bon début pour une séance de travail dans un lieu où vous ne serez pas dérangé. En vous isolant, vous serez plus efficace et maître de votre séance de travail.

Règle numéro 2 : se fixer des objectifs précis

Choisissez une seule tâche dans un temps limité : plus facile à dire qu’à faire ! Vous devez souvent mener à bien des projets longs et complexes. Dans votre activité, le temps se dilate, vous n’en voyez jamais le bout.

Dans son livre La dispersion au travail (2011), Caroline Datchary préconise de faire précéder toute séance de travail par un petit moment où vous définissez le(s) but(s) à atteindre. Pour elle, « savoir par où commencer » requiert une vraie compétence, ça s’apprend. Il en va de même pour la journée entière : levez-vous un peu plus tôt avant que la maisonnée ne se mette en branle. Prenez le temps de faire des choses simples comme vous étirer, vous hydrater, lire. Vous pourrez aussi « visualiser » votre journée. Bref, avant de débuter véritablement votre journée, vous la préparez. C’est ce que préconise M. Lachaux, chercheur à l’Inserm, dans son livre Le cerveau funambule (2015).

Plutôt que m’en tenir à la visualiser, je « complète » cette préparation de la journée par des petites notes dans un cahier, sorte de journal, pas intime mais personnel, auquel je me réfère plusieurs fois dans la journée pour noter et voir ce que j’ai accompli. Je trouve cela assez stimulant et à la fois assez structurant parce que cela m’évite de partir dans tous les sens.

Règle numéro 3 : respecter une alternance travail-repos

Pas besoin d’être un spécialiste pour s’accorder sur le fait qu’il faut alterner de « vraies périodes de travail » et de « vraies périodes de pauses ». C’est malheureusement un rythme qui s’accorde mal avec l’organisation du travail actuelle. C’est aussi oublier que nous nous laissons facilement distraire. Alors, plutôt que de s’acharner à vouloir appliquer une règle stricte, concentrez-vous sur l’éviction de ce qui vous déconcentre. Apprenez à vous concentrer sur une seule chose à la fois et sur de courtes périodes (1h). C’est à vous et à vous seul de vous autodiscipliner. Vous verrez votre efficacité accroître.

Règle numéro 4 : faire respecter votre rythme de travail

Il faudra apprendre à dire non face aux multiples interruptions de vos collègues, aux réunions qui n’en finissent pas… sans compter les réunions de dernières minutes. Pouvoir dire non nécessite une certaine confiance en soi, qui peut s’apprendre au quotidien.

Vous aurez du mal à trouver des entreprises ayant fixé des règles de bonne conduite en la matière alors essayez toujours d’imposer votre rythme, avec tact et diplomatie. Dire non ne doit jamais être perçu comme un affront, mais juste comme une preuve que vous savez où sont vos priorités et que vous n’êtes pas disponible et corvéable à merci.

Toutes ces règles, c’est bien joli me direz-vous, mais c’est oublier que votre manager vous impose un rythme propre à l’entreprise.

Il convient de distinguer le rythme qui vous est réellement imposé et contre lequel vous ne pouvez rien, car il permet à l’ensemble des acteurs de travailler ensemble au sein de l’entreprise, de celui que vous vous imposez à vous-même, par peur de la hiérarchie, zèle, ou tout simplement manque d’organisation personnelle.

Vous pouvez vous imposer un rythme soutenu de travail par ambition par exemple, sans en souffrir, sans en pâtir. Vous l’aurez compris, il n’y a pas de rythme idéal, mais des rythmes propres à chaque individu, qui varient au cours de la vie.

Le bon rythme, c’est finalement celui que vous pouvez suivre sans danger pour vous et pour votre vie en dehors du travail. C’est aussi celui qui vous laisse des moments de repos où vous choisissez ce que vous souhaitez faire, ou décidez de ne rien faire d’ailleurs. Le mauvais tempo, c’est celui où vous vous sentez en perpétuelle agitation, stressé, éreinté, jamais déconnecté. Ah, le fameux droit à la déconnexion ! J’espère pouvoir vous en reparler bientôt.

Je vous laisse car c’est l’heure de ma pause. J’appelle ça un sas de transition entre mon travail d’écriture et mon travail de maman au retour d’école de mes trois bambins. Je me prépare à la suite de la journée pour que celle-ci se passe le mieux possible. J’ai trouvé mon rythme car je n’aspire plus à être Wonder Woman ! Je vous souhaite de trouver le vôtre !

[Et si vous commenciez aujourd’hui ? Plus d’infos ici…]

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Meriem Saïdi

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